[Autochtones-cop21] [Peuples Autochtones] #NoDAPL - Ladonna Brave Bull Allard - "Pour sauver l’eau, nous devons briser le cycle du traumatisme colonial"

Silvanu silvanu at samizdat.net
Mer 8 Fév 17:17:24 CET 2017


Dernières nouvelles du combat contre l'oléoduc Dakota Access Pipeline 
(DAPL), hier, le Ministère de l'armée donne le droit de passage à DAPL 
pour traverser Lake Oahe (rivière Missouri) et accorde de forer 24h 
après que la lettre officielle sera notifiée à la compagnie (alors que 
normalement il y a un délai de 14 jours). Les "Water protectors" 
(protecteurs/trices de l'eau) sur la réserve de Standing Rock se 
mobilisent pour la prochaine bataille. Aujourd'hui, d'après nos 
partenaires du Lakota Peoples' Law Project (de Chase Iron Eyes, un 
militant et avocat de Standing Rock, interpellé à Last Child Camp il y a 
quatre jours, libéré sous caution et qui doit passer en procès), les 
membres des Comités sur les ressources naturelles du Sénat et du 
Congress des USA ont rendu public une lettre en opposition au droit de 
passage sous le Missouri accordé par le ministère de l'armée pour DAPL. 
Cette lettre se base sur la protection de environnement et le respect de 
la souveraineté tribale. La lutte continue ! WATER IS LIFE ! L'eau c'est 
la vie!

A suivre sur le site du CSIA-Nitassinan...

/www.csia-nitassinan.org/

/Nous vous proposons ce texte de l'historienne et militante lakota de 
Standing Rock, qui a donné ses terres pour y installer Sacred Stone Camp 
en opposition à //DAPL : /

#NoDAPL - Ladonna Brave Bull Allard - "Pour sauver l’eau, nous devons 
briser le cycle du traumatisme colonial" 
<http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article801>

publié le 08/02/2017 par CSIA-Nitassinan 
<http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?auteur2>

http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article801

*POUR SAUVER L’EAU, NOUS DEVONS BRISER LE CYCLE DU TRAUMATISME COLONIAL*

Par /Ladonna Brave Bull Allard/

4 février 2017

La police est venue au Camp Last Child en plein jour, avec des blindés 
et des fusils dégainés, pour arracher les gens à notre terre. Beaucoup 
de protecteurs de l’eau étaient en train d’effectuer des marches de 
prières et des cérémonies. Nous regardions du haut de la colline le Camp 
Oceti Oyate alors que les troupes marchaient sur eux. Nous avons envoyé 
nos prières à ces innocents et aux braves guerriers venus pour résister 
avec les gens de Standing Rock, et protéger les eaux sacrées d’Unci Maka 
(Notre Mère la Terre).

Puis ils sont venus à notre Camp de Sacred Stone, le camp spirituel 
d’origine, que nous avions construit pour y offrir nos prières et 
protéger notre eau de l’oléoduc Dakota Access. Mais cette fois-ci, ils 
étaient accompagnés par le Conseil Tribal Sioux de Standing Rock. Ils 
n’avaient pas de mandat, mais ils ont forcé l’entrée de mon terrain 
privé, le terrain de ma famille, où j’ai grandi sur les rives de la 
Rivière Cannonball. C’était les membres de notre propre Conseil, avec le 
Service des Poissons et de la Vie Sauvage de Standing Rock, le Bureau 
des Affaires Indiennes (BIA), le Bureau de l’Alcool, du Tabac, des Armes 
à feu et des Explosifs (ATF), et le Corps de l’Armée des Etats-Unis, 
tous venus pour me chasser de ma terre natale.

*Photo de * : Red Hawk

Le monde veut soutenir Standing Rock, mais Standing Rock se dresse 
contre nous. Le Président Dave Archambault a jeté nos gens aux chiens 
quand il a dit que les actions des camps « …ne représentent ni la tribu, 
ni les intentions initiales des protecteurs de l’eau. » Il oublie que 
nous, au Camp de Sacred Camp, avons été les premiers à résister pour 
l’eau, et que nous sommes avec tous les camps qui ont rejoint notre lutte.

Ce mouvement a été initié par les gens, et conduit par nos jeunes. La 
décision de la Tribu Sioux de Standing Rock de négocier avec l’état et 
de disqualifier les gens venus combattre pour notre eau, est ce qui 
pourrait finalement mener à notre chute. Nous avons eu des milliers de 
gens, prêts à résister ensemble devant ces machines. Les Nations 
Autochtones de Turtle Island n’avaient jamais été aussi unies 
auparavant. Mais maintenant que la division s’accroît, c’est très 
difficile de voir comment avancer.

Je n’ai pas pu dormir la nuit dernière, je suis restée assise et fait du 
tabac. Ça a quelque chose de calmant de travailler avec du saule rouge, 
assise en pensant aux temps passés avec ma Grand-mère, à laquelle je 
pense beaucoup. C’est l’hiver ; c’est supposé être le temps de raconter 
des histoires et de transmettre notre histoire aux jeunes.

C’était à cette époque de l’année, il y a un siècle et demi, que les 
‘Longs Couteaux’ des forts militaires et les agents [des affaires] 
Indiennes ont dit aux gens qu’ils devaient partir pour les réserves ou 
mourir (Loi du 28 février 1877, connue comme Vendre ou Mourir de Faim).

Historiquement, la résistance de notre peuple a été réprimée par des 
batailles sanglantes et des massacres – aussi de la main de 
collaborateurs Indiens. Nos parents ne voyaient pas qui était l’ennemi, 
parce que c’était leurs propres parents qui se retournaient contre eux, 
permettant le même genre de mensonges par le même genre de médias dominants.

Nos dirigeants traditionnels ont été mis de côté de force, par la Loi de 
Réorganisation Indienne de 1936, par laquelle les autorités fédérales 
ont imposé la création de conseils tribaux dans les réserves. C’est un 
système de gouvernement colonial, qui n’a aucune base dans la culture ou 
les enseignements Lakota/Dakota/Nakota. C’est la même tactique que celle 
qu’ils ont utilisé avec les agents Indiens et les trahisons de ceux qui 
traînaient autour du Fort [the Hangs Around the Fort]. Ils fabriquent un 
dirigeant qui leur permettra de nous prendre tout ce qu’ils veulent. La 
soif de pouvoir peut diviser un peuple.

Comme chacun sait, il y a beaucoup de dirigeants dans ce mouvement, et 
pourtant il n’y en a aucun. C’est un mouvement populaire ; c’est un 
mouvement pour l’eau, ni possédé ni contrôlé par qui que ce soit.

Comme Red Cloud et Spotted Tail, et autres Lakota « des services » qui 
ont livré si vite nos terres et nos modes de vie pendant que des 
milliers de gens se défendaient avec Sitting Bull et Crazy Horse, 
aujourd’hui, notre conseil tribal n’a pas bien compris ce qui est 
vraiment en jeu.

*Photo de * : Red Hawk

Ce mouvement ne concerne pas seulement un oléoduc. Nous combattons pour 
un changement de direction, ou pour une meilleure procédure dans les 
tribunaux de l’homme Blanc. Nous nous battons pour nos droits en tant 
qu’Autochtones de ce pays ; nous nous battons pour notre libération et 
la libération d’Unci Maka, Notre Mère la Terre. Nous voulons que tous 
les oléoducs et gazoducs jusqu’au dernier soient retirés de son corps. 
Nous voulons la guérison. Nous voulons de l’eau saine. Nous voulons 
déterminer notre propre futur.

Chacun de nous combat pour nos petits-enfants et leurs petits-enfants, 
et pour nos parents qui ne peuvent ni parler ni se défendre. Imaginez 
que nous ayons résisté tous ensemble le 27 octobre, le jour où ils nous 
ont repoussés du Camp du Traité que nous avions construit en travers du 
trajet du Serpent Noir – notre position la plus forte au cours de toute 
cette lutte. Si nos gens n’avaient pas négocié la renonciation à notre 
pouvoir ? Si nos gens n’avaient pas ouvert les routes et ne s’étaient 
pas retournés pour marcher contre nous les bras tendus, alignés sur la 
police anti-émeute et les blindés ? Pourquoi adopter des résolutions 
appelant les agents fédéraux à attaquer notre peuple et supprimer les 
camps tandis que la foreuse creuse sous notre eau sacrée ? Quelle 
puissance aurions-nous si nous décidions de tenir sur notre territoire 
des traités où nous avons déposé des milliers de prières ?

Nos ancêtres n’ont pas abandonné Ph(ežísla Wakpá (la Rivière Little 
Bighorn), lorsque nous avons uni pour la dernière fois Oceti Sakowin 
pour défendre notre terre du Septième de Cavalerie ; nous non plus, ne 
devons pas abandonner Mni Sose (le Fleuve Missouri). Nous ne devons pas 
vendre le sang, la terre et l’eau de notre peuple pour maintenir le 
disfonctionnement sous lequel nous vivons maintenant. Nous n’avons pas 
le choix, nous devons briser le cycle du traumatisme afin que nos 
générations futures puissent avoir une meilleure vie. Je crois que ça 
commence par l’eau et finit par l’eau. L’eau c’est la vie. Serez-vous 
avec nous ?

*Traduction :* /Christine Prat (CSIA-Nitassinan)/

*Original en anglais sur :* 
http://sacredstonecamp.org/blog/2017/2/4/to-save-the-water-we-must-break-the-cycle-of-colonial-trauma

http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article801



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