[Autochtones-cop21] Séminaire SOGIP "Perspectives comparatives sur les droits des peuples autochtones" : « Anthropologie de la mine » (EHESS, le 11/04/19)

Silvanu silvanu at samizdat.net
Mer 27 Mar 19:14:41 CET 2019


Séminaire SOGIP "Perspectives comparatives sur les droits des peuples 
autochtones" : « Anthropologie de la mine » (EHESS, le 11/04/19) 
<http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article1029>

publié parCSIA-Nitassinan <http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?auteur2>


http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article1029

*Séminaire "Perspectives comparatives sur les droits des peuples 
autochtones"*

*« Anthropologie de la mine »*

le*jeudi 11 avril 2019*, de 9h à 13h

*à l'EHESS*- Salle 13, 105 bd Raspail 75006 Paris

Avec :

- *Pierre-Yves Le Meur*,/Anthropologue, Directeur de recherche à l'IRD, 
GRED - Gouvernance, Risque, Environnement, Développement - Montpellier/

*Négocier les règles du jeu minier en Nouvelle-Calédonie*

Dans les négociations entre projets miniers et populations locales, on 
peut très schématiquement avancer que l'articulation territoriale et 
foncière qui autorise (ou refuse) leur ancrage peut obéir à deux 
logiques : soit les populations locales se mettent aux normes de 
l'intervention extérieure, soit elles tentent d'attirer l'opérateur sur 
le terrain local, celui de leurs normes et représentations. Les 
instruments et dispositifs concrets de cette articulation sont rarement 
des expressions pures de l'une ou l'autre logique, empruntant aux deux 
et évoluant en fonction des conflits et négociations qui surviennent.

Cette communication présentera tout d'abord certains des instruments et 
dispositifs de cette articulation, ainsi que les conceptions du foncier 
-- renvoyant pour partie à une idée d'autochtonie -- qu'ils mobilisent 
et renforcent. Les exemples illustrant ce propos seront océaniens et ma 
présentation se focalisera ensuite sur le cas de la Nouvelle-Calédonie, 
ancienne colonie de peuplement engagée dans un processus original et 
encore inabouti de décolonisation négociée, et plus particulièrement sur 
les communes de Thio et Yaté au sud de la Côte Est. Dans ces deux 
communes minières -- la première multi-ethnique, la seconde 
presqu'exclusivement kanak --, une série d'événements, de conflits et de 
négociations a généré depuis quelques années des réponses locales aux 
stratégies minières par lesquelles les populations locales expriment 
dans des idiomes (dont le registre de l'autochtonie) et des modes 
d'action collective diversifiés une volonté de reprise de contrôle sur 
leurs territoires, leurs ressources et leurs destins. L'analyse de ces 
situations calédoniennes nous permettra d'explorer empiriquement la 
proposition énoncée en préambule relative aux formes de la négociation 
des règles du jeu minier et d'aborder en conclusion la place de la 
notion de commun dans ce type de contexte.

- *Karine Vanthuyne*,/Anthropologue, Professeure à l'Université 
d'Ottawa, Canada
/

/La responsabilité sociale des entreprises à l'épreuve du pluralisme 
juridique : de l'atténuement à la radicalisation de l'opposition/

À partir de recherches ethnographiques menées auprès d'opposants à la 
mine Marlin au Guatemala, je montrerai comment le déploiement de 
stratégies dites de « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) 
peut radicaliser, au lieu d'atténuer, les mouvements autochtones 
d'opposition au secteur minier. La mine Marlin fut publicisée par son 
promoteur comme un « modèle d'exploitation responsable, qui 
contribuerait de manière significative au développement des communautés 
locales ». Or au fur et à mesure que diverses mesures de RSE ont été 
mises en oeuvre pour promouvoir ce développement, la mine Marlin est 
devenue l'objet d'une opposition croissante au sein des villages 
autochtones l'avoisinant.

En construisant des routes, des écoles, des cliniques de santé et des 
terrains de jeu ; en finançant les salaires d'enseignants et les frais 
de scolarité d'étudiants ; en s'investissant dans le reboisement et 
l'agriculture durable ; en mettant sur pied une commission de 
surveillance de la qualité de l'eau et une autre pour vérifier le 
respect des droits des villageois, la compagnie s'est non seulement 
investie dans le développement socioéconomique local. Elle s'est aussi 
étroitement compromise dans la surveillance de son propre respect des 
normes locales de protection de l'environnement et des droits de la 
personne, justifiant à ses yeux qu'elle puisse se présenter aux 
villageois comme leur « voisine attentionnée » --pour reprendre 
l'expression utilisée par la minière dans les brochures qu'elle leur a 
distribuées. Or c'est précisément cette prétention d'être « l'une 
d'eux », en tant que « voisine » ayant à coeur leur bien-être, qui a le 
plus irrité les opposants à la mine Marlin. Comme je le montrerai dans 
ma communication, ces opposants n'ont pas que dénoncé le fait d'avoir 
été dépossédés de leurs plus précieuses ressources matérielles (telles 
que leurs terres arables ou l'eau potable). Ce qui les a le plus 
indignés, c'est d'avoir été dépossédés de leurs structures de 
gouvernance locales, des suites de leur capture par la compagnie 
minière. En examinant le processus de « mise en clôture légale » (legal 
enclosure) ayant sous-tendu cette dépossession politique, je montrerai 
comment l'industrie de la RSE, parce qu'elle fait fondamentalement fi du 
pluralisme juridique des sociétés où elle opère, tend à aggraver, plutôt 
qu'à apaiser, les conflits miniers qui aujourd'hui se multiplient en 
territoire autochtone.

- *Sofia Cevallos Vivar*,/Anthropologue, Doctorante à l'EHESS, LAIOS-IIAC/

*Buen Vivir, pétrole et territoires en dispute en Équateur : le cas des 
peuples kichwa et waorani du Parc Yasuní (Amazonie équatorienne)*

Cette présentation portera sur les implications des projets 
d'exploitation pétrolière mis en marche ces dix dernières années sur le 
territoire des peuples autochtones kichwa et waorani du Yasuní (Amazonie 
équatorienne). Durant cette décennie, ces peuples se sont confrontés à 
une situation paradoxale. D'une part, l'inscription des droits des 
peuples autochtones et de la notion de Sumak Kawsay ou Buen Vivir dans 
la Constitution politique (2008) matérialise les revendications 
autochtones pour la défense des identités et des territoires ; d'autre 
part, le gouvernement équatorien multiplie les politiques favorables à 
l'extraction pétrolière, ce qui entraîne une violation de la loi et 
aggrave les conflits socio-environnementaux dans le Yasuní. Divers 
mécanismes de cooptation, de clientélisme et de corruption sont 
mobilisés par l'État afin d'obtenir l'accord des leaders communautaires 
pour la mise en marche d'un projet pétrolier.

De leurs côtés, les peuples kichwa et waorani du Yasuní renouvellent 
leurs stratégies d'organisation et de résistance et, tout en 
s'appropriant le cadre juridique qui les concerne, cherchent à avoir une 
participation plus active dans la prise de décisions concernant leurs 
territoires.

Dans cette intervention, je montrerai comment, à partir des processus de 
consultation informée, libre et préalable (mécanisme juridique destiné à 
consulter les communautés sur le lancement des projets d'exploitation de 
ressources sur leurs territoires), les communautés ont réinventé des 
espaces de discussion pour la prise de décisions collectives, 
l'expression de leurs aspirations et le rétablissement du lien 
communautaire. Ce lien est en effet fortement affecté par les 
interactions avec l'État et les entreprises pétrolières.

<http://www.csia-nitassinan.org/IMG/pdf/s4_pcdpa_11_avril.pdf>
*SOGIP - Anthropologie de la mine*
    Anthropologie de la mine

*Plus d'information :*http://www.sogip.ehess.fr/

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- *Pour poursuivre le soir sur ce sujet*, nous vous invitons à 
participer également le 11 avril, à partir de 19h, mais cette fois-ci 
au/Centre international de culture populaire/(CICP), 21ter rue Voltaire, 
Paris 11e,*à la soirée "D'OR ET DE FRIC" - Mégaprojets miniers en Guyane 
et ailleurs (en présence de Jeunesse Autochtone de Guyane)*, 
co-organisée par le Festival de film Pico y Pala et le CSIA-Nitassinan 
->http://www.csia-nitassinan.org/spip.php?article1026


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