[CNT Infos Isère] Etienne Roda-Gil : la CNT salue la memoire d'un compagnon

Patrick patbakou at cnt-f.org
Mer 2 Juin 10:10:16 CEST 2004


Confédération Nationale du Travail

Bureau confédéral
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Paris, le 1er juin 2004
communiqué :
Mort d'Etienne Roda-Gil :
La CNT salue la mémoire d'un compagnon.

Etienne Roda-Gil, auteur-compositeur, s'en est allé aujourd'hui et 
avec lui, c'est un peu de notre histoire que nous perdons.
Ses parents, Leonor Gil et Antonio Roda, connaissent les luttes 
ouvrières de Badalona, dans la banlieue industrielle de Barcelone. 
Militant de la CNT, Antonio Roda fut, pendant la guerre civile, 
commissaire général des armées de l'Est, avant de devoir fuir le 
fascisme de Franco. Réfugié en France en 1939, le couple connaît les 
persécutions et les privations ; Leonor donne naissance à leur fils 
Etienne à Montauban, en 1941. Le père d'Etienne sera, en France, peintre 
dans un garage et mourra d'un cancer du poumon, dû aux vapeurs toxiques. 
Etienne ne quittera plus sa famille idéologique : libertaire, familier 
de cette "mémoire des vaincus", et de la répression franquiste qui a 
poussé ses parents à l'exil, il participe au congrès de la CNT espagnole 
en exil, en 1961, à Limoges. C'est à cette occasion qu'il dépose à 
Oradour-sur-Glane, en compagnie de notre compagnon Joaquin Delgado, une 
gerbe en souvenir des victimes du nazisme. Il ne savait pas encore que 
Joaquin serait garrotté dans la prison de Carabanchel à Madrid, deux ans 
plus tard, victime innocente d'un franquisme meurtrier et aveugle...

Etienne Roda-Gil fréquentera aussi les situationnistes. Sous les 
bannières rouge et noir de la CNT, il fut de ce Premier Mai 2004 comme 
de ceux qui l'ont précédé, ravivant cette mémoire ouvrière qui, unie, 
fit vaciller tant de dictatures... A l'ombre du parolier qui connut tous 
les succès, l'âme du libertaire et le coeur de l'anarchiste saignaient. 
Sa chanson à la mémoire des Makhnovistes, libertaires ukrainiens écrasés 
par les "rouges" dans les années 1920, nous revient plus forte 
encore...Ce soir, "nos drapeaux sont noirs dans le vent, ils sont noirs 
de notre peine, ils sont rouges de notre sang..."
Ensemble, nous referons des barricades. Et la même utopie nous portera.


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Patrick



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