[CNT Contacts.38] Désinformation concernant Battisti

Patrick patbakou at cnt-f.org
Mer 12 Mai 17:29:29 CEST 2004


Pour ceusses qui s'intéressent à l'extradition de Battisti, voici un 
texte écrit par un camarade à propos entre autre du retournement 
médiatique sur la question.


Fred Vargas, auteur à succès de polars et chercheuse reconnue au CNRS, 
est une des principales coordinatrices des comités de soutien à Cesare 
Battisti. Elle a travaillé (le jour, la nuit) à la rédaction d’un livre 
urgent : « la vérité sur Cesare Battisti. » aux éditions Viviane Hamy, 
éditrice qui s’est également engagée dans ce combat. Livre urgent, car 
il est possible que Battisti quitte la France ce mois-ci, menotté, pour 
finir ses jours en prison en Italie.

Le livre, qui sera en librairie dans quelques jours, produit de nombreux 
documents, officiels, incontestables, authentifiés et… effrayants.

Rappelons que Battisti, militant dans les années 70 d’un éphémère 
mouvement armé prolétarien pour le communisme a été arrêté en Italie, 
s’est évadé, a vécu pacifiquement au Mexique, est venu en France en 
1991, protégé par la « Doctrine Mitterrand » confirmée par un jugement à 
son arrivée sur notre sol et encore par le Premier ministre Lionel 
Jospin : il ne sera pas extradé.

Le combat de ses amis pour s’opposer à la nouvelle menace d’extradition 
a été soutenu très rapidement par 20 000 signatures, par une partie de 
la presse française, par des élus.

Un revirement s’est manifesté ces dernières semaines, l’opinion étant 
troublée par une avalanche d’information fausses, tronquées, à sens 
unique. Ainsi, Le Monde qui soutint Battisti s’est mis (avec Le Figaro, 
Marianne, etc.) à ouvrir généreusement ses colonnes à ceux qui le 
traitent d’impitoyable assassin. Pis, le Monde s’excuse d’avoir subi « 
l’influence des intellectuels parisiens. »

La formidable campagne d’intox puise dans les informations de 
politiciens italiens soucieux de se refaire une virginité légaliste (à « 
droiche et à gaute »), des mouvements fascistes, des juges investis dans 
la répression (et cléments envers les factieux qui firent sauter des 
bombes dans les lieux publics).



Quelques exemples de mensonges : la presse italienne et française 
affirme que, lors d’une action armée, Battisti a tiré sur un enfant de 
13 ans, depuis paraplégique (les télés italiennes l’exhibent). Or, le 
jour du drame, il est prouvé que Battisti n’était pas là. Il est prouvé 
que la balle a été accidentellement tirée par le père de la victime. La 
justice italienne ne le conteste pas. La presse ment. Un des partisans 
de l’extradition le plus médiatisé en Italie, celui qui clame le plus 
fort qu’elle est justifiée, celui dont nos journaux reprennent les 
informations, se nomme Armando Spataro. On oublie de nous dire qu’il 
était substitut du procureur représentant l’accusation contre Battisti. 
Ce dernier a été condamné, non pas sur preuves, témoignages directs, 
mais sur celui d’un repenti (quiconque dénonce quelqu’un bénéficie de 
clémence).

Le livre de Fred Vargas raconte par le détail et sur des pages entières 
les tortures dont furent victimes les « repentis » : tabassages, 
électricité sur la verge, coups dans les testicules, brûlures de 
cigarettes, simulacres de liquidation dans la campagne isolée, gavage à 
l’eau salée, blessures remplies de sel. Pour les femmes, menaces de viol 
et de sodomie, introduction de liquide douloureux dans le vagin, torsion 
des seins, menaces sur les enfants.

Si Amnesty International s’est exprimé maintes fois contre la violation 
des droits humains dans ces circonstances, les adversaires de Battisti 
taisent ses monstruosités.

La propagande berlusconienne travaille l’opinion par des mensonges :

- Mitterrand accorda l’asile aux seuls exilés « qui n’ont pas de sang 
sur les mains » ? Faux. Sa déclaration solennelle devant la Ligue des 
Droits de l’Homme ne reprend cette nuance initiale.

- Les témoins oculaires abondent contre Battisti ? Faux.

- Il a eu droit à un procès équitable dans le respect de la Constitution 
et des droits de la défense Faux.

- Il est prouvé qu’il a tué ? Faux (et il a toujours nié).

Pour Fred Vargas et pour son éditrice, il est évident que cette affaire, 
« démesurée », « anormale » obéit à un objectif de « masquage », procédé 
« d’évitement » qui permet de détourner l’attention de réalités 
embarrassantes ou indicibles. Et Viviane Hamy réédite concomitamment un 
ouvrage italien écrit en 1777 : « Observations sur la torture », 
histoire de deux Milanais poursuivis pour avoir oint les murs de 
substances pestifères, deux boucs émissaires pour masquer une grave 
crise politique qui affectait Milan.

Bref, « l’extradition de Cesare Battisti constituerait un affront à 
l’honneur de notre pays et de ses citoyens et une faute gravissime au 
regard de l’Histoire. »

Maxime Vivas


-- 
Patrick
CNT interco 38




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