[CNT Infos 38] Des nouvelles d’Égypte (11février 2012 )

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Mer 22 Fév 00:56:04 CET 2012


Nous faisons suivre.


Des nouvelles d’Égypte (11 février 2012)


Le SCFA qui gouverne l'Égypte depuis plus d'un an intensifie de jour en
jour la répression contre les manifestants pacifistes qu'on tue
froidement.
Le bilan des affrontements de ces derniers jours s'est élevé à seize morts
et des centaines de blessés, par balles, par bombes lacrymogènes, par coup
de couteaux.

Une activiste, membre du groupe Mossirin, « déterminés », qui filme les
événements de la révolution depuis son déclenchement pour en constituer
une archive ; (dont certains épisodes ont été projetés dans le cadre du
festival de cinéma El Tahrir à Paris), a été blessé par balles avant-hier
lors d'un tournage des affrontements entre les manifestants et les forces
de l'ordre.

Salma Said, (fille de deux militants, Mona Mina médecin et Said Abou Taleb
ingénieur), a été interviewée hier à partir de son lit d'hôpital par Rim
Maged, animatrice de l'émission Baladna bel masri de la chaîne OnTV. Au
cours de cet entretien, la jeune activiste a raconté qu'elle était en
train de filmer lorsque des hommes cagoulés montés sur une voiture blindée
de l'armée qui circulait sur la place Bab El Louk, où se déroulaient les
affrontements, ont ouvert le feu sur elle. Atteinte au dessous de son œil,
elle est tombée, ils ont continué à la viser, et ont poursuivi leurs tirs
même quand elle était portée par les manifestants qui l'ont secourue.
Slama a 117 plombs dans son corps, elle accuse le ministre de l'intérieur
ainsi que le maréchal Tantawi et a déjà engagé une procédure judiciaire.
Ce que raconte Salma, atteste à l'évidence de la préméditation de ces
massacres qui sont des crimes contre l'humanité et qui ne diffèrent en
rien de ce que commet Assad contre son peuple, toutes proportions gardées.
Mais le principe est le même : on tue des manifestants pacifistes de sang
froid. Mais la différence entre l'Égypte et la Syrie est que Moubarak
n'est plus là, et qu'il y a un parlement élu. Seulement ce parlement s'est
immédiatement rangé du côté des assassins au cours de la séance d'hier
quand son président, applaudi par la majorité, a nié l'usage de balles
réelles contre les manifestants. Or, les rapports des médecins du
ministère de la santé, ainsi que le témoignage d'un député de la minorité,
membre de la commission d'enquête sur les récents événements démentent
indéniablement ces allégations.Un député de cette majorité a même appelé à
ouvrir le feu sur les manifestants s'ils s'approchaient trop du ministère
de l'intérieur. Une revendication similaire a été émise par un ex député
du parlement démantelé de l'ancien régime. Une majorité a remplacé une
autre, mais ce sont les mêmes gens, la même mentalité, les mêmes
pratiques, les mêmes ordures.

Par ailleurs, les salafistes ont dressé avec les agents de la sécurité de
l'État et des membres de la confrérie, un tribunal qui prononça un
jugement contre huit familles chrétiennes les condamnant à émigrer de leur
quartier et à mettre leurs biens en vente. Ceci s'est passé à Amryah, une
ville nouvelle dans les environs d'Alexandrie, qui a connu récemment des
troubles confessionnels. Ils furent déclenchés par un fait divers, une
relation illégale entre un homme et une femme de confessions différentes,
dont la révélation a poussé les musulmans de la ville à saccager les
maisons et les commerces du chrétien accusé de cet adultère et ceux de sa
famille et proches. Les expulsions arbitraires des chrétiens de leurs
villages, quartiers ou villes par les salafistes, qui ont lieu sous l'œil
bienveillant des autorités et de la police, est devenue une pratique
courante au cours de ces 30 dernières années, et restent complètement
impunies.

L'appel à la grève générale le samedi 11 février lancé par 114 partis et
organisations syndicales, estudiantines et des coalitions des jeunes
révolutionnaires a été qualifié par la majorité parlementaire comme une
initiative déstabilisatrice de l'État et de sa sécurité.

La révolution continue !

G. El K





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