[CNT Infos 38] Déclaration de la CGT-Côte d’Ivoire à propos de la retraite à soixante ans

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Mer 22 Fév 00:56:36 CET 2012


Déclaration de la CGT-Côte d’Ivoire à propos de la retraite à soixante ans


Sur proposition de la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), le
gouvernement Ouattara/Soro vient d’adopter la réforme de la branche
retraite du régime de sécurité sociale de la CNPS. Cette réforme comporte
les principales mesures suivantes :

    - L’augmentation de l’âge de départ à la retraite de 55 à 60 ans.
    - L’augmentation du taux global de cotisation retraite de 8 à 12% en
2012, puis à 14% en 2013.
    - La répartition de la cotisation entre le patron et le travailleur
qui était de 60% pour le patron et 40% pour le travailleur passe à 55%
pour le patron et 45% pour le travailleur.

Les arguments du gouvernement et des responsables de la CNPS mettent en
avant les déficits qui s’accumuleraient depuis 2005. L’explication des
déficits est cependant loin d’être convaincante. Il est indiqué que le
rapport entre le nombre de travailleurs actifs et le nombre de retraités
diminue. Autrement, cela signifie que le nombre des travailleurs diminue
et par conséquent que les cotisations payées diminuent alors que le
montant des pensions de retraite augmenterait. S’appuyer sur un tel
argument est très contestable dans la mesure où les prévisions économiques
du gouvernement annoncent une augmentation continuelle du taux de
croissance qui devrait passer à deux chiffres et ferait de la Côte
d’Ivoire un pays émergent à brève échéance. Contrairement aux hypothèses
de la CNPS, un fort taux de croissance entraîne un nombre important de
travailleurs. La publication du rapport d’audit de la CNPS serait la seule
mesure qui rassurerait sur ce point, si non il s’agit tout simplement de
camoufler aux travailleurs la mauvaise gestion des ressources de la caisse
de retraite.

Porter l’âge de la retraite à 60 ans dans un pays où l’espérance de vie
est inférieure à 50 ans et est en régression est absurde. On note
toutefois que la mesure peut paraître salutaire aux yeux de certains
travailleurs parce que par expérience les pensions de retraite sont
dramatiquement faibles. Cela donne à penser à certaines personnes qu’il
est préférable de travailler le plus longtemps possible, y compris
jusqu’au dernier souffle de la vie et malgré la pénibilité de certains
métiers. Les travailleurs devraient comprendre que s’ils luttent ils
réussiront à améliorer les conditions de travail et de la retraite, car
les moyens pour ce faire existent bel et bien.

Du fait de l’augmentation des cotisations à partir d’arguments non
convaincants et de la répartition des cotisations qui alourdit les charges
des travailleurs, ces derniers subissent une baisse de leurs salaires
nets. Ces nouvelles mesures entraînent donc une paupérisation accrue des
travailleurs.

L’année 2012 commence ainsi avec l’accroissement des difficultés des
travailleurs par le gouvernement et les responsables de la CNPS. Ces
difficultés prennent l’allure de drame quand des dirigeants syndicaux qui
devaient aider les travailleurs à comprendre les enjeux et à défendre
leurs intérêts applaudissent des mains et des pieds ces genres de mesures.
C’est ce qu’ont fait notamment les dirigeants de l’Union générale des
travailleurs de Côte d’Ivoire (UGT-CI). Les travailleurs doivent
d’ailleurs considérer la position de l’UGT-CI comme celle de personnes
étroitement associées à la gestion de la CNPS, gestion non étrangère aux
déficits servant de prétextes à la réforme.

Pour la défense effective des salaires et des pensions de retraite, la
Confédération générale des travailleurs de Côte d’Ivoire (CGT-CI)
appellent le gouvernement à de vraies négociations avec tous les
représentants des travailleurs. Autrement, ces mesures adoptées à la
discrétion du gouvernement et des responsables de la CNPS ne sauraient
engager les travailleurs. La CGT-CI appellent les travailleurs à préparer
avec elle la mobilisation permettant de remettre en cause ces mesures et
l’adoption de celles correspondant à leurs intérêts.

Fait à Abidjan, le 23 janvier 2012

Le Secrétaire général confédéral

SIBAHI KOUADIO




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