[CNT Infos 38] Goodyear : la vraie violence c'est celle de l'Etat et du patronat !

CNT interco 38 interco.38 at cnt-f.org
Dim 17 Jan 15:15:56 CET 2016


Bonjour à touTEs !




	Bureau Confédéral - 33 Rue des Vignoles, 75020 Paris
	Communiqué de presse du 17 janvier 2016


Goodyear : la vraie violence c'est celle de l'Etat et du patronat !
====================================================================

Suite à la condamnation sans précédents, le 12 janvier 2016, de 8 anciens 
salarié-es de l’usine Goodyear à 9 mois de prison ferme dans le cadre de 
leur lutte contre la fermeture de leur usine, la CNT déclare son soutien 
aux condamnés à et leurs camarades de luttes. 

Elle appelle toutes et tous à mettre en œuvre la solidarité de classe et 
à participer aux différentes mobilisations de soutien afin d’exiger leur 
relaxe en appel.

Cette condamnation, est une nouvelle illustration de ce qu'est la justice 
de classe, au service de l’Etat et les patrons. 

Leur vision du soi-disant « dialogue social », c’est « marche ou crève », 
et si possible, crève en silence et sans te révolter. 

Le patronat peut ainsi jeter à la rue des milliers de salarié.es, les 
conduisant tout droit vers la précarité, voire le suicide, avec la 
complicité d’un gouvernement et de sa « justice » qui emprisonne celles 
et ceux qui se sont légitimement battus au nom de la justice sociale.

Ces dernières années ont vu se multiplier des condamnations de 
nombreux.euses syndicalistes parmi les plus engagé-es. Le cas de notre 
camarade Fouad Harjane, condamné à 40 000 euros d’amende pour sa 
participation à un mouvement anti-CPE, en est un exemple frappant. 
Des poursuites ont également été engagées à plusieurs reprises contre 
des personnes venant en aide aux migrant.es, sans parler de la violente 
répression dont sont victimes les Zadistes partout en France, à
commencer par ceux et celles de Notre-Dame-des-Landes.

Mais depuis quelques mois, le gouvernement passe à la vitesse supérieure 
dans cette répression du mouvement social dans son ensemble tel que 
l'annonçait l'offensive patronale, médiatique et judiciaire contre les 
salarié.es d’Air France.

Comme d’habitude, on balaye de la main la vraie violence, la violence 
sociale que des milliers de salarié.es et de précaires, chômeur.euses, 
retaité.es, étudiant.es, subissent chaque jour. 
Les responsables de cette violence-là, l’État et les patrons, ne sont en 
revanche jamais inquiétés et encore moins condamnés....
Le discours est maintenant complètement décomplexé, et le Medef s’engage 
dans la brèche en rappelant son souhait de casser complètement le contrat 
de travail, et si possible, le code du travail dans son entier, pour 
enfin avoir cette liberté totale de broyer les travailleurs et les
travailleuses et permettre au patronat d’engranger toujours plus de fric, 
tandis que les « sans-dents » crèveront la dalle dans la rue. 

Nul doute que le gouvernement saura répondre à ses attentes ; 
ce gouvernement qui prône la liberté d’expression, une larme de crocodile 
au coin de l’œil et la voix vibrante d’émotion, alors qu’il multiplie en 
réalité les outils pour la bâillonner.

L’instauration de l’état d’urgence permet quant à elle toute une série 
de perquisitions, gardes-à-vues, assignations à résidences complètement 
injustifiables ciblant les militants, comme ce fut le cas lors de la 
COP21, et sans aucun lien avec la lutte contre le fondamentalisme 
religieux, qui n'aura finalement servi que de prétexte.

Alors qu'un nouveau projet de Constitution entend bien pérenniser cette 
situation, il est plus que jamais moment de réagir de façon collective. 
Nous pouvons désormais craindre le pire en termes de répression des 
mouvements sociaux, mais le pire serait surtout de nous y résigner sans 
lutter pour notre notre liberté d’action, d’expression, de réaction, ou 
tout simplement, pour notre dignité. 

Face à la répression, l'arme des travailleurs et travailleuses, c'est 
la lutte des classes !

C’est par la lutte, que nous avons obtenu un certain nombre d’acquis 
sociaux, que l’Etat et le patronat ont réussi en partie à casser.

C’est par la lutte que nous réussirons à les préserver et en obtenir 
de nouveaux et que la gestion directe des moyens de productions pourra 
être enfin faite par les travailleurs et les travailleuses 
eux-elles mêmes (en un mot, l’autogestion !)

Nous exigeons:

- La relaxe pour les Goodyear et l'abandon immédiat et sans condition 
  des poursuites judiciaires contre l’ensemble du mouvement social
- L’abrogation de l’Etat d’urgence


--
La CNT


-------------- section suivante --------------
Une pièce jointe autre que texte a été nettoyée...
Nom: communique_de_pressp_CNT_Goodyear.pdf
Type: x-unknown/pdf%22
Taille: 207145 octets
Desc: non disponible
URL: </pipermail/contacts.38/attachments/20160117/98f09013/attachment-0001.bin>


Plus d'informations sur la liste de diffusion Contacts.38