[CNT] [CNT-Equipement 69] Salaire de rien ? Mais ça change tout...

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Mer 1 Fév 21:22:47 CET 2006


Manifestation le jeudi 2 février 2006
Rassemblement 11h place des terreaux (Lyon)




Ainsi donc M. le ministre de la Fonction publique nous fait l’aumône : 0,5
% d’augmentation au 1er juillet 2006 et l’attribution d’un point d’indice
à l’ensemble des fonctionnaires le 1er novembre 2006 (équivalent à une
hausse nette de 3,74 euros), voilà tout pour 2006 et dans un élan de
générosité, l’augmentation pour 2007 est déjà programmée : 0,5 % pour le
1er février 2007 !!! et uniquement si les syndicats signaient les deux
volets social et statutaire (ainsi notre salaire fut lié à un marchandage,
chacun appréciera...).

2007 ? Nous n’y sommes pas encore, alors que l’inflation est prévue au
minimum à 1,8 % pour 2006, à ne même pas suivre l’inflation nous avons
déjà plus de 5% de perte depuis 2000 (en fait 25% net depuis la
désindexation de nos salaires sur les prix en 1983), soit environ une
baisse de 1 % par an environ, de ce retard le ministre ne veut pas
entendre parler, mêlant allégrement l’ancienneté, les reclassements,
primes au mérite, le revenu du préfet et l’âge du capitaine...

Pourtant rien n’est plus simple qu’un point d’indice, qui sert au calcul
du salaire des fonctionnaires, non ?

Déjà en 2005, on nous avait proposé 0,5 % en février et 0,5 % en novembre,
seule la lutte a permis d’arracher un 0,8% en fin d’année pour rattraper
l’inflation (qui elle était à 1,6 % dès janvier pour finir l’année à 1,8%,
d’où un décalage qui se transforme en manque à gagner sur toute l’année).

Pourtant la part des richesses produites en France (PIB) réservée au
traitement des fonctionnaires ne cesse de se réduire, en 4 ans : 2
milliards d’euros en moins !!!  Déjà très en retard sur l’inflation, la
valeur du point l’est encore plus sur la progression du PIB, il n’y a pas
de retour au salarié(e) de la richesse qu’il/elle produit...

N’oublions pas que les luttes dans la Fonction publique servent à tirer
vers le haut les salaires du privé pour qui la lutte est souvent plus
difficile. Dommage que cette journée d’unité syndicale ne s’adresse qu’aux
fonctionnaires...en attendant le 7 contre le CPE.

Pour les salaires la CNT réclame dans l’immédiat :
Refonte de la grille indiciaire
Augmentation générale selon une échelle décroissante dès 300 euros pour
les plus bas salaires
Réduction des écarts de traitements dûs au pyramidage hiérarchique
Pas de salaire net inférieur à 1500 euros
Intégration des primes aux salaires, pas de primes ou d’avancements au mérite
Relèvement des minima sociaux...


Pourquoi une augmentation générale selon une échelle décroissante partant
de 300 euros
Les propositions d’augmentation uniforme (en %, du point d’indice ou du
type “X euros pour tous!”) ont le mérite d’être claires, mais elles
avantagent les salarié(e)s les mieux payé(e)s. La CNT lutte pour des
augmentations différenciées inversement proportionnelles aux salaires afin
de réduire les inégalités entre salarié(e)s. Bien sûr, la CNT est
anti-hiérarchique et ne saurait se satisfaire de ces augmentations, son
objectif étant l’abolition de toutes hiérarchies salariales et la
construction d’une société fondée sur la répartition égalitaire des
richesses et l’autogestion.



Salaire net ? Salaire brut ? Salaire différé ? Salaire social ?
Souvent l’on parle de réduction des cotisations patronales, ces
cotisations n’ont rien de patronales, le terme (et c’est bien le but!)
laisse à penser que c’est le patron qui paye de sa poche la sécu, les
retraites, les congés payés...et que ce trop plein de charges “sociales”,
l’empêche d’embaucher, noyé qu’il est sous le poids de l’Etat...

Mais ces cotisations patronales font partie du salaire brut, le fait qu’il
y ait prélèvement à  la source n’en fait pas un paiement par le patron.
Ces cotisations font pleinement partie du salaire, c’est-à-dire du prix du
travail, du retour de la richesse produite, retour partiel, puisqu’une
grande part est détournée par le patron pour réinvestissement, et surtout
l’enrichissement des actionnaires et de lui-même...

Le salaire net, c’est celui que l’on touche sur son compte à la fin du
mois pour satisfaire ses besoins propres, nourriture, loyer...;

Le salaire différé est un salaire mais au lieu d’être perçu à la fin du
mois ou à échéance “normale”  il est décalé dans le temps, le meilleur
exemple est celui des congés payés, on l’oublie trop souvent, mais le
salaire que l’on touche pendant ses congés est le reversement d’un
prélèvement sur notre salaire du reste de l’année. Ce versement n’est pas
un cadeau du patron, c’est une redistribution qui pourrait et devrait être
gérée par les salarié(e)s eux-mêmes, par des caisses de congés payés ni
patronales, ni paritaires, mais gérées par les syndicats seuls avec un
mandat précis et révocables par les salarié(e)s en AG.

Le salaire social est une partie du salaire, de la richesse produite qui
n’est pas reversée directement au salarié(e) mais collectivement à tous
les salarié(e)s, par exemple la retraite par répartition (la retraite par
capitalisation serait elle un salaire différé) ou la protection sociale,
le reversement ne se fait plus en fonction du travail fourni, mais en
fonction de ses besoins, quel que soit la part de richesse qu’il a
produite, ainsi un(e) salarié(e) qui ne serait jamais malade aura versé à
perte, mais cette part soulagera un(e) salarié(e) plus faible, c’est la
solidarité, c’est se prémunir collectivement face aux aléas de la vie, une
des plus belles victoires ouvrières, pour combien de temps ?

Pour un vrai partage des richesses

Pour un service public porteur d’une réelle qualité de vie




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