[CNT] tract du SIPM-CNT + appel de la coord nationale étudiante du 2 décembre

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Lun 3 Déc 18:08:27 CET 2007


1) Ci-joint un tract du syndicat interprofessionnel de la presse et des
médias (SIPM - CNT). N'hésitez pas à le diffuser auprès de des
journalistes dont vous avez le contact ou que vous croisez dans les
manifs, les AG, etc...

2) Ci-dessous l'appel de la coordination nationale étudiante réunie à
Nantes les 1 et 2 décembre 2007 :
 
Le mouvement contre la loi Pécresse continue !

La mobilisation importante a contraint la ministre de l’enseignement
supérieur, Valérie Pécresse, à un déblocage de moyens pour l’université.
Cela n’est pas une réponse à la revendication première d’abrogation de
la Loi d’autonomie des Universités des étudiant-e-s mobilisé-e-s depuis
plus d’un mois. La mission sur le cadrage national des diplômes
n’apporte aucune garantie législative. Les annonces budgétaires de 20
milliards d’euros demeurent insuffisantes (10% de plus de budget par an)
face à la pénurie de moyens dans les universités, et rien ne garantit
que ces promesses soient réalisées d’ici 2012. Par ailleurs, le
financement public de l’enseignement supérieur ne peut pas se faire par
la privatisation rampante d’EDF (en vendant des actions comme le propose
Nicolas Sarkozy).

Tout cela ne change rien au cœur de la loi. L’autonomie budgétaire des
Universités, l’introduction forte des entreprises privées et leurs
influences dans le contenu des cours en contrepartie de fonds privés,
l’octroi d’un pouvoir arbitraire aux présidents d’université, le risque
d’une hausse des frais d’inscription, la précarisation généralisée du
personnel enseignant et administratif sont toujours présentes dans la
LRU. Par conséquent, nous réaffirmons notre opposition à la loi Pécresse
et nous condamnons les négociations de la direction nationale de l’Unef.

La LRU n’est ni amendable, ni négociable, que ce soit sur un plan local
ou national. Depuis le début de la lutte, c’est la position de toutes
les assemblées générales et de la coordination nationale, seules
instances représentatives des étudiant-e-s mobilisé-e-s.

Si nous nous battons pour l’abrogation de la LRU, c’est parce que nous
nous battons pour le droit à l’éducation pour tous, et contre la
destruction du service public. Étudiant-e-s et lycéen-ne-s, avec la LRU
et les 11 500 suppressions de postes dans l’éducation, c’est notre
avenir qui est menacé. Exiger l’abrogation implique donc de lutter pour
une augmentation massive du budget de l’enseignement supérieur, pour la
création des milliers de postes dont il y a besoin,pour de vrais
diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives, pour
l’égalité entre Français-e-s et étranger-e-s dans l’accès aux études,
pour la gratuité des enseignements et pour la redistribution interne des
financements de la Recherche. Cela implique aussi de lutter pour une
augmentation massive des aides sociales, et d’être solidaires des
salarié-e-s qui luttent en ce moment pour une amélioration de leur
pouvoir d’achat. Nous appelons à la tenue d’États-Généraux de
l’enseignement supérieur pour formuler des propositions en positif face
au projet du gouvernement avec les acteurs de la communauté
universitaire (les enseignants, les chercheurs, les Biatoss) et de leurs
mouvements (SLR, SLU). De telles propositions sont de toutes façons,
pour nous, subordonnées à l’abrogation de la LRU.

Il est possible de gagner, de faire reculer le gouvernement sur nos
revendications. SNCF et RATP, Air-France, EDF-GDF, avocats, salariés de
la fonction publique... Sarkozy a beau dire qu’il ne reculera pas face à
nous, lui et son gouvernement ont été affaiblis par les grèves. La
réussite de la journée de grève du 20 novembre a montré qu’il existait
une volonté de lutte dans de larges secteurs de la jeunesse et du monde
du travail.

En effet, la LRU n’est pas une loi isolée mais fait partie d’un contexte
de casse généralisée du service public dû à une libéralisation
grandissante de la société et de l’économie française,ce que nous
condamnons. Face à un État autoritaire, qui joue sur l’usure du
mouvement contestataire, et constatant l’échec des négociations SNCF,
nous annonçant que nous allons combattre et que nous réfléchirons à
l’interruption du mouvement uniquement lors de l’officialisation de
l’abrogation de la loi Pécresse.

Pour cela, la coordination nationale appelle les étudiant-e-s à
approfondir et amplifier la mobilisation dans les campus, à créer des
assemblées générales communes avec les enseignant-e-s et les personnels
afin de consolider les liens en vue d’arriver à une coordination
nationale de l’enseignement supérieur. Les lycéen-ne-s doivent se
mobiliser encore plus massivement. Et lycéen-ne-s et étudiant-e-s
doivent chercher la convergence avec les travailleurs, en premier lieu
ceux de l’Éducation Nationale, notamment dans les universités et dans
les lycées.

La plupart des présidents d’université étant en faveur de la LRU, ils
n’hésitent pas à recourir à la répression pour briser la mobilisation.
Les fermetures administratives, les interventions policières... ne
répondent pas à de prétendus « problèmes de sécurité » : elles visent à
nous empêcher nous mobiliser, c’est-à dire nous priver de notre droit de
nous révolter. Nous condamnons toutes les interventions policières et
les arrestations. Nous exigeons l’amnistie de tous les inculpé-e-s des
mouvements sociaux, y compris ceux du mouvement cheminot. Nous exigeons
la réouverture de toutes les universités fermées administrativement, et
le retrait de toutes les forces répressives (polices, vigiles
privées...) qui occupent actuellement des universités. Nous réclamons la
démission des présidents ayant fait appel à la répression et collaboré à
l’expulsion de sans-papiers.

La semaine dernière, le mouvement a été véritablement victime d’un
durcissement de la répression. Le recteur de l’académie de Nantes a
interdit la tenue d’Assemblées Générales dans les lycées. Les charges de
CRS ont été particulièrement dures à l’encontre des manifestants ; un
mineur a été gravement blessé à l’oeil par un tir de flashball. Face à
cette situation, nous réaffirmons que le droit de réunion, de
manifestation et de grève doivent exister pour tous, y compris les
étudiants et les lycéens.

Suspendre les cours est le seul moyen efficace pour que tous les
étudiant-e-s, notamment les boursiers, puissent se réunir et décider
ensemble de se mobiliser. Sans piquets de grève votés dans des
Assemblées Générales massives, les étudiant-e-s ne disposent pas
réellement de droit de grève. Sans occupation des locaux, ils ne
disposent pas véritablement du droit de se réunir. Face aux tentatives
de faire reprendre les cours par l’intermédiaire des référendums, nous
réaffirmons la seule légitimité des Assemblées Générales pour décider du
mouvement : c’est dans les AG que les informations, les différents
points de vue peuvent être échangés et les étudiant-e-s peuvent voter en
connaissance de cause. C’est aux grévistes d’organiser eux-mêmes la
prise de décision et non aux présidences d’université, qui pour la
plupart soutiennent la réforme. Nous appelons donc au boycott des votes
organisés par les administrations universitaires.

Les annonces du gouvernement, présentées par des organisations
syndicales comme une raison d’arrêter le mouvement, tout comme la
répression généralisée, visent à nous isoler. Loin de nous résigner à ce
risque d’isolement, nous réaffirmons que notre mouvementa vocation à
s’étendre dans les universités, dans la jeunesse et le monde du travail.

Le projet du gouvernement est de détruire l’ensemble des acquis sociaux.
Face à ce projet, c’est ensemble que nous gagnerons : nous devons
construire un mouvement d’ensemble, des jeunes et des salarié-e-s pour
riposter à l’offensive du gouvernement.

Nous appelons à un véritable service public dans tous les domaines :
éducation, santé, transports, protection sociale ce qui implique un
réengagement massif de l’Etat dans le financement de l’enseignement
supérieur et la recherche, la titularisation des précaires,
l’augmentation des salaires et du point d’indice dans la fonction
publique...

Nous appelons à une manifestation massive les 4 et 6décembre pour que le
mouvement montre sa force et qu’il encourage plus d’étudiant-e-s et de
lycéen-ne-s ainsi que d’autres secteurs à nous rejoindre dans la lutte :
nous appelons à une manifestation massive pour assurer la visibilité du
mouvement et son élargissement vers d’autres secteurs. Nous appelons en
particulier les personnels de l’université à nous rejoindre dans cette
manifestation, dans des cortèges communs.Nous appelons désormais à la
tenue de coordinations nationales de l’enseignement supérieur qui
incluraient les étudiant-e-s et les personnels de l’université.

Nous appelons à participer à toutes les initiatives d’autres secteurs en
lutte contre le gouvernement et sa politique, en particulier à la
manifestation des chômeurs et des précaires du 8 décembre. Nous
proposons une prochaine date de manifestation interprofessionnelle le 11
(ou 13) décembre, et nous nous adressons en ce sens à l’ensemble des
salariés et de leurs organisations.






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