[CNT] NON A LA CASSE DU CODE DU TRAVAIL !

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Ven 7 Déc 22:19:28 CET 2007


NON A LA CASSE DU CODE DU TRAVAIL !
( extrait du site http://www.cnt-f.org/59-62 )

La ré-écriture du code du travail à laquelle on assiste actuellement
dans le plus grand silence est, dans le privé, l'un des pendants de la
remise en cause du statut de la fonction publique (beaucoup plus
médiatisée car, dans ce secteur, les syndicats gardent une petite
capacité à mobiliser, ce qui oblige l'État à sortir l'artillerie lourde
du matraquage médiatique afin de les isoler et de les affaiblir).

Dans le privé, la stratégie est bien entendu inverse. Les syndicats
étant faibles et très divisés selon les secteurs économiques et les
salariés étant "illettrés" en matière de connaissance de leurs droits
les plus élémentaires, l'État avance masqué et il est d'une discrétion
inouïe, se contentant des quelques grosses ficelles habituelles pour
faire passer d'énormes couleuvres.

La ré-écriture actuelle du code du travail a peu de chance de sortir du
sérail de l'inspection du travail qui n'est concernée qu'au second chef
(bien moins concernée en tout cas que le salarié lambda du privé) et
qui, comme toute corporation, est très repliée sur elle-même. Peu de
chance également de sortir des salons feutrés des hautes instances des
"grandes" centrales syndicales qui ont, depuis longtemps, fait le choix
de s'émouvoir par des communiqués de presse symboliques et confidentiels
plutôt que de faire œuvre d'instruction et d'éducation des salariés. Il
n'y a donc rien à attendre d'elles.

Il y a cohérence à mettre cette recodification en corrélation avec la
volonté d'enrôler les fonctionnaires de l'inspection du travail dans la
chasse à l'étranger. Cohérence également avec la fermeture de 63
prud'hommes sur 271 et avec la transmission aux tribunaux pénaux (qui
sont, si on sort de la langue de bois, littéralement à la botte du
gouvernement et du patronat) de certains types d'affaire du droit du
travail (pendant que d'autres échappent à toute possibilité de poursuite).

Très concrètement, imaginez que votre employeur décide de ne pas vous
payer le salaire du mois. Imaginez qu'il préfère un salarié tout frais
sorti de l'ANPE et motivé pour retrouver du boulot, plutôt que de
recourir à vos services (parfaitement échangeables sur le marché du
travail, mais qui ont le démérite de ne pas être subventionnables par
l'Etat). Traditionnellement, le salarié allait demander des infos à
l'inspection du travail qui passait un coup de fil, faisait un petit
courrier... Puis, le salarié saisissait les prud'hommes....

Demain, si vous avez la chance d'être syndiqué (comme 8% des salariés du
privé), de travailler dans une grosse boite ou de travailler dans une
ville qui a un prud'homme, vous arriverez à récupérer votre dû.

Par contre, si vous travaillez dans une PME, n'êtes pas syndiqué (comme
plus de 95% des salariés des PME), habitez un bled pommé, êtes ignorant
de vos droits et résigné à tout, vous n'aurez plus qu'à espérer n'être
pas dans la catégorie des travailleurs étrangers démunis de titre de
séjour et expulsables. Dans tous les cas, vous partagerez leur sort
d'esclave. Votre employeur, lui, percevra : 1°) la plus value habituelle
que vous aurez payée en tant que consommateur, 2°) le salaire que vous
auriez du toucher mais que vous vous êtes fait siffler à la fin du mois
de travail, 3°) les subventions pour l'emploi aidé de votre remplaçant.
Pour vous : la facture... avec les remerciements du patron !

Franchement, il n'y a ici aucune exagération. La politique menée depuis
cinq ans avec Chirac est, comme on peut s'y attendre, accentuée par son
héritier. Elle conduit inexorablement à multiplier les marchands
d'esclaves quelle que soit la couleur de peau de ceux-ci (surtout dans
les petites entreprises qui, pour résister à la concurrence des gros,
seront tentées d'en profiter). Elle conduit à organiser l'impunité de
leurs abus. Le reste n'est qu'une question de loterie : bons secteurs
économiques / secteurs économiques en mauvaise passe, employeurs
philantropes (ou du moins légalistes) / employeurs je-m'en-foutistes (ou
sans scrupules), etc.

Un militant du syndicat CNT des travailleurs de l'industrie et des
services du Nord (STIS-CNT 59),
contrôleur du travail à l'inspection du travail de Lille.

Pour en savoir plus, télécharger l'étude réalisée par Richard Abauzit,
ancien inspecteur du travail, en cliquant ici :
http://www.cnt-f.org/59-62/CASSE_DU_CODE_DU_TRAVAIL_analyse_Richard_Abauzit.pdf
(format pdf - 45 pages - 439 ko).



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