[CNT] N'AUTRE ECOLE - n° 17 - hiver 2007 / 2008

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Mer 19 Déc 15:09:32 CET 2007


N’autre école (revue de la Fédération CNT des travailleurs/euses de
l'éducation)
http://www.cnt-f.org/fte/rubrique.php3?id_rubrique=166

N° 17 - hiver 2007 / 2008

Thème de ce trimestre :
VERS UN LIEU COMMUN ? Ecole, luttes et espace...

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Au sommaire :

I - DES ESPACES À CONQUÉRIR

- Merci de laisser cet endroit dans l’état où il était... : enquête sur
les toilettes dans les établissements scolaires

- L’espace vécu des lycéens : comment les lycéens perçoivent leur
espace... un travail mené par Jean-Yves Martin, historien géographe

- Et la cour... ? un peu plus grande ! par Aldo Gari (CNT 46). Donner la
parole aux élèves sur leurs revendications « spatiales »

- Lycée moderne, lycée caserne ? Par Florent, CNT éducation 75. Les
lycées ont-ils vraiment changé ?

- Cuisines et indépendances. Raphaël Moreno, contractuel et militant de
la CNT 66, présente son travail dans les cuisines de l’Éducation nationale.

- Oubliés, les « restaurants d’enfants » ! Bernard Collot, directeur de
publication de la revue Marelle, fondateur des CRESPC (Centre de
recherche des petites structures et de la communication) revient sur sa
participation à l’aventure des « Restaurants d’enfants »

- Et si nous cultivions n’autre jardin ? Rencontre avec Bernard Jouve,
OP jardinier à la CNT 42.

- Des espaces classes. Jacques Nimier présente les différentes
modulations de l’espace classe et leurs conséquences pédagogiques.

II - ÉDUQUER OU ENFERMER

- L’élève : interdit de séjour à l’école. Entretien avec Pascale Legué,
anthropologue, qui a beaucoup travaillé sur l’enfant dans la ville, a
étudié, en 2002-2003, dans le cadre d’un contrat avec l’EPASAM
(Établissement public d’aménagement du Mantois-Seine-Aval) le rapport
des élèves à leurs espaces de vie : logement, quartier, cité, collège.

- Discipline : l’art des répartitions Extrait du chapitre « Corps
dociles », Surveiller et Punir, de Michel Foucault.

- L’école, un espace à libérer. Par Anne Querrien, sociologue-urbaniste
et enseignante. Auteure de L’École mutuelle, une pédagogie trop
efficace, les Empêcheurs de Penser en Rond, septembre 2005.

- Éduquer ou enfermer ? Après une priorité donnée à la protection des
mineurs à la fin de la guerre de 1945, on assiste depuis une dizaine
d’années au retour de l’éducation à la trique. Cette conception de
l’éducation s’accompagne de tout un arsenal allant de la propagande «
enfermante » - avec dans le même temps une stigmatisation des jeunes
perçus comme dangereux - à la construction de lieux d’enfermement tels
que les zones d’attente, les centres « éducatifs » fermés (CEF) et les
établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) par Bruno Carrié, CNT
santé social fonction publique territoriale RP

- École = espaces d’interdits. Les écoles sont généralement constituées
d’espaces... où il est interdit d’aller en dehors des temps impartis
(toilettes, salle informatique, BCD, classes...). Concrètement, on va
dans ces lieux si et seulement si l’enseignant en a jugé l’utilité, et
en groupe la plupart du temps. La classe elle-même est rarement exempte
de ces interdits (poubelle, lavabo, placard, coin lecture, etc.). Cela
revient à proposer des gâteaux sur une table avec la mention : « ne
toucher qu’avec les yeux ». Benoît Guerrée, Professeur des écoles, CNT 34.

- Pour un monde meilleur. Une réflexion sur la « liberté de circulation
» dans et au-delà de la classe Véronique Decker

- Nous avons le temps, ils ont l’espace. La dimension la plus
oppressante à laquelle se heurtent, tout au long de leur vie, les
travailleurs est celle du temps : c’est à travers leur relation au temps
que la dépossession subie dans le salariat se fait sentir de la façon la
plus aiguë. Le temps est pour eux comme un ennemi intime : temps sans
surprise, voulu sans densité, le plus égal possible, temps purement
quantitatif cadencé par l’horloge, par les échéances d’un calendrier
rédigé par d’autres. « Le réveil sonne, première humiliation de la
journée »... Alèssi Dell’Umbria, auteur de C’est de la racaille ? Eh
bien, j’en suis ! À propos de la révolte de l’automne 2005.

- Encart Dalas

III - LE DESSOUS DES CARTES

- Désectorisation : vers la solitude éducative. Laurent Ott, Éducateur
et enseignant, docteur en Philosophie, auteur de Le travail éducatif en
milieu ouvert, Eres, 2007.

- Pédagogie à la carte... L’assouplissement ou la suppression de la
carte scolaire a fait l’objet de nombreux articles à la rentrée 2007.
Nestor Romero, comme bien d’autres, n’avait pas attendu cette mesure
pour dénoncer, dans le découpage hypocrite des secteurs, le reflet de la
discrimination sociale qu’elle prétendait atténuer. Ses critiques
articulent les questions que l’on peut se poser quotidiennement - la
quatrième allemand-latin appartient-elle au même collège (unique) que la
quatrième de soutien ? - avec l’analyse des notions de mérite et de
réussite et l’affirmation qu’une autre pédagogie est indispensable.

- Mutatis non mutandis (Ce qui devait changer n’ayant pas été changé).
Sébastien Marguet, CNT éducation 93. En se penchant sur les grandes
tendances qui poussent les uns ou les autres à muter, il n’est pas
frappant de constater qu’héliotropisme, sociotropisme ainsi que retour
aux sources familiales et aux racines géographiques, représentent les
trois raisons majeures de mutation quand changement d’air, départ vers
l’aventure, rapprochement du lieu de travail du lieu de vie et rupture
avec les habitudes sont des motifs moins partagés et, en tout cas,
nettement moins fréquents.

- Collège « HQE » une vitrine écolo ? Reportage. Depuis 2002, de
nombreux Conseils généraux se sont lancés dans la construction de
collèges expérimentaux, pour ce qui est de l’architecture, après les
accords de Tokyo concernant les normes HQE. « La Haute Qualité
Environnementale est la capacité d’un bâtiment à préserver les
ressources naturelles et à répondre aux exigences de confort, de qualité
de vie et de santé. » Maryvonne Menez, CNT éduc 54.

IV - ICI, AILLEURS ET AUTRE PART...

- Les révoltés du 9-3. Sébastien Marguet. En une petite dizaine
d’années, en Seine-Saint-Denis, le Syndicat de Travailleurs-ses de
l’Éducation a connu un développement sensible et remarqué. En même
temps, une Union départementale et trois Unions locales (Aubervilliers,
Montreuil, Saint-Denis) se sont créées. Comment l’Éduc 93 en est-elle
arrivée là ? Comment ce département - singularisé par tant de discours
et de données sociales que toutes les statistiques confirment - a-t-il
vécu, parfois initié, les luttes récentes de 1995, 1998-1999, 2002-2003,
2005-2006 ou encore de 2007 ? Pour apporter certains éléments de
réflexion, en répondant à une salve de questions proposées en guise de
devoir de vacances, trois syndiqués-es du STE 93 livrent leurs analyses
de ce bastion des luttes, de la situation sociale, des réalités
militantes... dans le fameux 9-3.

- Un monde buissonnier. Jean-Pierre Fournier explore différentes
facettes du travail scolaire pour passer de l’autre côté des murs :
correspondance internationale, sortie et étude du quartier, la
géographie autrement.

- L’école, un espace éducatif nécessairement inséré dans les autres
espaces de l’enfant 16 h 30. La rue de l’école est encombrée. Face à la
grille, sur le trottoir, une armada de mères, pères, grandes sœurs...
qui attendent, les visages quelque peu figés. De l’autre côté de la
grille, cramponnés aux barreaux, déjà quelques petits minois inquiets
qui attendent, eux aussi, que l’enseignant de service, gardien de
l’ordre et de la sécurité, donne enfin le signal de l’ouverture qui
libérera la volée de moineaux. Chacun retrouve son chacun ou sa chacune.
Les sourires reviennent. Parfois des larmes qui font supposer qu’il
s’est passé quelque chose dans l’enclos. Le trottoir et la rue se
vident. La grille s’est refermée sur une cour déserte. Par Bernard Collot

- L’espace scolaire entre utopies et pédagogies. Au cours des décennies,
la toute-puissance de l’État républicain a laissé son empreinte dans la
pierre des bâtiments publics et notamment dans les bâtiments scolaires,
écoles communales (la Communale) instituées par la loi Guizot de 1833,
lycées pour les élites bourgeoises. C’est la naissance de l’école de la
3e République : l’enseignement est gratuit, obligatoire, puis laïque.
L’État s’impose en tout lieu, dans chaque village une école
primaire-type utilisant des techniques de construction et des matériaux
locaux : une mairie avec des logements à l’étage, flanquée d’un côté de
l’école de filles et de l’autre de l’école de garçons, en face de
l’église si possible, sur la place du village, laquelle se verra ornée
par la suite d’un monument aux morts de la der des der. Gérard Rigaldo,
CNT-FTE, Militant de l’ICEM-Pédagogie Freinet.

- Rencontre avec Riss à propos de son livre « J’aime pas l’école ».

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Editorial :

École, le mot désigne, comme celui de classe, indistinctement le lieu et
l’institution. Simple métonymie où le contenant vaut pour le contenu et
la partie pour le tout ? Une confusion des registres qui invite à
creuser jusqu’aux fondations de notre système éducatif. Et si,
finalement, tout se lisait dans ces architectures et ces territoires
scolaires.

Abélard enseignait dans une grange. Platon au bord de l’eau ou au hasard
de ses promenades et de ses rencontres... Les écoles mutuelles
réclamaient de vastes lieux semblables aux usines naissantes.
L’enseignement simultané décomposait à l’infini les espaces et
s’organisait autour du contrôle réciproque du maître sur ses élèves et
des maîtres entre eux. L’école de Jules Ferry abandonne aux lycées
bourgeois les pompes de l’architecture militaire et crée un style
standardisé à la fois austère, campagnard et rassurant. Freinet, lui,
franchit les murs de l’école et part sur les sentiers à la découverte du
village et du monde... La pédagogie est-elle une affaire de décors ?

À force de l’ignorer, l’espace s’impose comme une dangereuse évidence.
Aujourd’hui l’architecture des établissements scolaires joue de la
transparence et de l’ouverture, se fond dans le paysage, se veut vitrine
technologique ou écologique... Mais dans le même temps, ces nouvelles
salles informatiques accueillent des élèves qui se tournent le dos pour
mieux se connecter au monde à travers des écrans...

Tout comme cette autre dimension qu’est le temps, l’espace, dans
l’institution scolaire, échappe à ses utilisateurs. Aux multiples
exigences définissant les contraintes de construction des nouveaux
bâtiments, s’ajoute cet impératif : conserver la norme en vigueur, au
grand dam parfois des équipes pédagogiques concernées. Et c’est
l’inexorable clonage des mêmes salles. Puisqu’il est fait pour durer, le
bâtiment doit s’adapter à tous, signe peut-être qu’il ne s’adapte à
personne ? En témoignent ces tables vissées au sol... ou bien ces
incontournables dégradations sur le mobilier et les bâtiments. L’espace
comme première cible de ceux qu’on enferme là chaque jour pendant des
heures.

Que lit-on dans l’architecture de nos écoles ? Le « nul n’entre ici s’il
n’est géomètre »... est remplacé par l’hypocrite « Liberté égalité
fraternité ». D’ailleurs aujourd’hui, ce sont de criards panneaux
bariolés qui ornent les façades : « Ici le Conseil Général/régional/ la
mairie investit dans l’éducation de vos enfants » suivi du détail des
dépenses prises en charge (mais qui omet le bénéfice du fabricant de
panneaux).

Et si changer l’école, c’était aussi en changer l’architecture,
l’investir et la libérer pour l’ouvrir sur le quartier ? À nous l’espace !

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Appel à contribution pour le numéro 18 :
Apprendre tous ensemble !

Mise en concurrence des établissements, et renforcement de leur
autonomie, individualisation des salaires, course aux heures
supplémentaires et menaces sur le droit de grève, éloge de la sélection,
des bourses au mérite et des notes de « discipline »... À tous les
niveaux, l’actuelle politique éducative trouve sa cohérence dans
l’apologie de la compétition, de l’individualisme, du chacun pour soi...
et dans la dénonciation du collectif et de la solidarité.

En 1995, le mouvement social avait répondu avec succès aux attaques du
libéralisme en s’inventant un cri de guerre et d’espoir : "Tous ensemble
!". Que vaut cet appel aujourd’hui, en particulier dans le contexte
scolaire ? C’est la question que nous entendons soulever avec ce nouveau
numéro de la revue N’Autre école intitulé « Apprendre : tous ensemble !
» (titre encore provisoire). Des pédagogies d’hier (l’enseignement
mutuel, le maître ignorant, les universités populaires...) aux
questionnements d’aujourd’hui (le travail en groupe, en équipe, le
tutorat...), de la prise en compte du « social » à la nostalgie
réactionnaire d’une école de la sélection, des projets coopératifs à la
constitution de réseaux de savoir... nous voulons interroger les 1 000
voies d’une éducation qui ambitionne d’éduquer et d’émanciper
individuellement dans un projet collectif.

Analyses, réflexions, témoignages, expériences, dessins,
illustrations... nous attendons vos contributions et vos réactions pour
que ce numéro s’élabore « tous ensemble », forcément !

Une liste internet annonçant les thèmes de nos prochains numéros a été
mise en place afin d’impliquer les lecteurs et lectrices dans la
réalisation de notre revue. Vous pouvez vous y abonner en envoyant un
mail au journal : nautreecole at cnt-f.org
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