[CNT] Le Combat Syndicaliste - n° 324 - janvier 2008

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Mer 9 Jan 13:54:09 CET 2008


LE COMBAT SYNDICALISTE
journal confédéral des syndicats CNT

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Sommaire du n° 324 (janvier 2008) :

- Tant va la cruche à l’eau
Toute la Sarkozie est endormie, anesthésiée, envahie par le spectacle 
médiatique perpétuel d’un président qui ne raisonne qu’en termes 
d’images, qui gouverne par la fuite en avant et qui étale avec 
complaisance les aléas de sa vie privée, du divorce à ses nouvelles 
roucoulades, dont nous n’avons vraiment rien à faire. [...]

- Les lycéens face à la justice
Deux ans et demi après la lutte exemplaire des lycéens contre la loi 
Fillon sur l’Éducation, la justice a rattrapé les inculpés de 
l’occupation de l’annexe du ministère, dans le XVe arrondissement de 
Paris. [...]

- Restauration : les petits plats dans les grands !
Comme dans de nombreux secteurs, les travailleur-euse-s de la 
restauration ne sont pas épargné-e-s par les conditions de travail 
pénibles, humiliantes et dégradantes imposées par les patrons. Nous vous 
proposons de survoler la carte des atteintes aux droits des salarié-e-s. 
[...]

- Bacs pro
Coup de force ministériel contre l’enseignement professionnel ! Non à la 
généralisation du bac pro trois ans ! Maintien des BEP deux ans et des 
bacs pro deux ans ! [...]

- Petit tour de piste de la presse précaire
Du forçat de la pige au galérien du stage, du standardiste en intérim au 
collaborateur régulier, la précarité dans les boîtes de presse se porte 
plutôt bien. [...]

- Les archéologues de l’Inrap ont sorti la truelle de guerre
Comme d’habitude, les syndicats dirigeant (CGT-FSU) l’intersyndicale 
nationale de l’Inrap voulaient nous envoyer au conflit une fois le 
budget voté, au printemps puis à l’été, puis… lors de « journées 
d’action », épuisant ainsi lentement mais sûrement notre capacité 
d’action. [...]

- L’Opéra se la joue en grève
Les travailleurs de l’Opéra de Paris étaient en mouvement contre la 
réforme de leur régime de retraite. Retour sur l’actualité avec Renaud 
de la section CNT de l’Opéra Garnier. [...]

- RATP-Opéra, la CNT se développe dans la lutte sur les régimes spéciaux
Les grèves contre la réforme des régimes spéciaux se sont soldées par 
des échecs. Les confédérations syndicales étaient parties dans la 
bataille en traînant des pieds. Avaient-elles l’intention de combattre 
réellement ? [...]

- Feu sur Hortefeux ! [...]

- Les EPM… on n’aime pas [...]

- Dalas, ton univers impitoyÂÂÂÂble ! [...]

- Silence, on casse !
La réécriture du Code du travail à laquelle on assiste actuellement dans 
le plus grand silence est, dans le privé, l’un des pendants de la remise 
en cause du statut de la fonction publique, beaucoup plus médiatisée car 
les syndicats gardent une petite capacité à mobiliser, obligeant l’État 
à sortir l’artillerie lourde du matraquage médiatique afin de les isoler 
et de les affaiblir. [...]

- Colombie, les résistances du désespoir, 4e partie [...]

- Cameroun : augmentez les salaires ! [...]

- Guinée Conakry : "pour l’heure la grève n’est que suspendue…" [...]

- Prison pour jeunes prison, pour immigrés, prisons pour… tous ?
Face aux problèmes sociaux, la CNT estime que c’est la misère sociale 
qui pousse à la délinquance. Il faut donc une réelle politique sociale 
pour répondre à des problèmes sociaux. [...]

- La bombe gladiator
Bombyx, héros justicier, dans la filiation de Fantômas et de Furax, est 
un insaisissable génie du mal, antisocial forcené. Il s’empare de 
plusieurs éléphants adultes… [...]

- Les leçons africaines
Loin des discours stéréotypés et (néo)coloniaux de Sarko, les 
travailleurs africains n’attendent pas les caravanes humanitaires, les 
sacs de riz de ministres ou les intellectuels de gôche pour prendre leur 
destin en main. [...]

- CNT-PTT : le chat noir sort de sa boîte ! [...]

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Editorial :

Tant va la cruche à l’eau...

Toute la Sarkozie est endormie, anesthésiée, envahie par le spectacle 
médiatique perpétuel d’un président qui ne raisonne qu’en termes 
d’images, qui gouverne par la fuite en avant et qui étale avec 
complaisance les aléas de sa vie privée, du divorce à ses nouvelles 
roucoulades, dont nous n’avons vraiment rien à faire. Toute la Sarkozie 
? Non. Une petite population résiste encore et toujours, loins des 
médias. Des universités à Orly, de la Poste à l’Opéra, sans oublier les 
enseignants des lycées professionnels, les archéologues, les germes de 
la rébellion foisonnent, très souvent, nous pouvons le dire sans fausse 
modestie, avec, entre autres, la CNT.

Il n’est qu’à voir la flambée de révolte de Villiers-le-Bel pour 
comprendre que la paix sociale et le consensus n’existent que dans les 
têtes d’une presse muselée, d’une télé aux ordres et, partout, de 
serviles mercenaires, recrutés dans la caste des "intellectuels", qui 
ont troqué leur liberté de penser et de parler contre une gamelle bien 
remplie.

Dans ce contexte, le 24 janvier prend une coloration particulière. 
Sera-ce le point d’orgue d’une mobilisation syndicale orchestrée par les 
grandes centrales qui aimeraient bien retrouver quelque légitimité, en 
attendant la loi sur la représentativité, en grappillant quelques 
miettes autour de leurs revendications ? Ou le nouveau début d’un 
mouvement qui a frémi en novembre et qui pourrait redémarrer tant sont 
grandes l’exaspération et l’envie d’en découdre avec le patronat, le 
capitalisme et l’État ?

Les motifs de s’insurger sont nombreux, et touchent de très larges 
catégories de travailleurs, y compris des gens que l’on n’a pas trop 
l’habitude de voir s’agiter contre la droite, comme les magistrats. 
Retraites, salaires, libertés individuelles, chasse aux sans-papiers, 
répression, les attaques sont de plus en plus dures. Il ne peut y avoir 
de paix avec ce gouvernement, nous ne gagnerons que ce pour quoi nous 
nous battrons. On ne peut pas se contenter d’un test de mobilisation, de 
se compter dans la rue le 24 pour retourner au boulot le 25. Le rapport 
de force ne se fera pas dans les salons des négociations mais dans la 
rue, au quotidien. Soit nous arrivons à imposer partout où nous sommes 
présents les conditions nécessaires à une grève dure pour les faire 
plier, soit il faut nous résigner à voir tous les acquis de ces 
dernières décennies écrasés par l’esprit revanchard de la droite 
décomplexée et par la volonté du Medef qui veut en finir avec le Code du 
travail, avec les quelques garanties qu’il nous reste encore, pour nous 
transformer en esclaves modernes. Public, privé, Français, étrangers, 
les enjeux sont les mêmes, les ennemis sont les mêmes. Les sirènes de la 
division ne doivent pas entamer notre résolution. Au-delà des justes 
revendications sur nos conditions de vie et de travail, c’est également 
notre dignité de travailleurs, tellement bafouée, que nous devons 
reconquérir.
Ils n’auront pas pitié de nous, il ne faut pas que nous ayons pitié d’eux.

Jean Giskan (STE 75)




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