[CNT] service minimum dans les écoles maternelles et élémentaires dès le jeudi 24 janvier ?

Liste publique d'information de la Confédérati Liste publique d'information de la Confédérati
Dim 20 Jan 15:05:22 CET 2008


Monsieur Darcos, ministre de l’Education Nationale, veut expérimenter le 
service minimum dans les écoles maternelles et élémentaires dès le jeudi 
24 janvier 2008, date à laquelle la quasi-totalité des fédérations 
syndicales la fonction publique (y compris territoriale) ont appelé à la 
grève *.

Il compte solliciter les maires pour l’encadrement des élèves et propose 
de financer l’accueil des enfants lors de cette journée nationale de 
grève grâce aux fonds correspondants aux retenues sur salaire des 
enseignants grévistes.

Cette expérimentation représente un ballon d’essai avant la 
généralisation à terme de ce qu’il faut bien appeler une atteinte au 
droit de grève. Darcos prévient et menace : "Si cela ne fonctionne pas, 
il faudra aller plus loin". Le message est clair : vous pliez ou je fais 
pire !

Dans un premier temps, les communes volontaires ** devront accueillir 
les enfants scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires de 
leur territoire durant les heures normales d’enseignement, soit six 
heures par jour. En contrepartie, les maires recevront une participation 
de l’Etat qui s’élèvera à 90 euros pour 1 à 15 enfants accueillis et 
au-delà, à 90 euros par tranche de 15 enfants accueillis...

Cette subvention proviendra de l’argent des grévistes qui financeront 
ainsi la casse de leur grève.

Cette attaque sans précédent contre le doit de grève des enseignants 
s’articule autour d’un projet de société autoritaire qui se met en place 
et où les différents morceaux d’un puzzle libéral s’assemblent 
progressivement : le fichage généralisé et centralisé des enfants par le 
système informatique "Base élèves", la mise en concurrence des 
établissements scolaires programmé dès 2009 en fonction des résultats 
aux évaluations (ces évaluations censées servir aux enfants sous couvert 
de moult argumentaires pédagogiques), les primes au mérite, les projets 
EPEP, le renforcement de la hiérarchie, la suppression de la carte 
scolaire.... C’est la fin de l’école publique qui est visée avec pour 
objectif de créer une école à deux vitesses dont un secteur public 
réservé aux classes populaires les plus défavorisées.

Les parents en tant que travailleurs doivent être informés des menaces 
qui pèsent sur le droit de grève. Quand il s’agit de liberté, tout le 
monde est concerné. Les conseils d’école doivent impérativement se 
prononcer sur cette nouvelle lubie ministérielle.

Le personnel municipal ou vacataire qui effectuera l’encadrement des 
enfants les jours de grève devra aussi être sensibilisé. Un travailleur 
ne doit pas casser la grève d’un autre travailleur. Les choses seront dites.

La CNT-FTE prône la solidarité et l’entraide, ce sont des notions qui 
impliquent une certaine réciprocité. Pour casser les grèves 
enseignantes, Monsieur Darcos allie provocation et cynisme. Il essaie de 
monter les différentes communautés éducatives les unes contre les 
autres, à nous de lui opposer une résistance massive et solidaire. C’est 
pourquoi nous appelons les uns et les autres à la grève.

Fédération CNT des travailleurs-euses de l'éducation (CNT-FTE)
http://www.cnt-f.org/fte

Notes :

* La CNT-FTE appelle à faire grève le 24 janvier pour l'augmentation des 
salaires, des embauches massives, la titularisation de tous les 
précaires, la protection sociale, la régularisation des sans-papiers, le 
droit de grève... Mais pour faire aboutir nos revendications, une 
journée de grève ne suffira pas. Il faut un mouvement dur et durable, 
unitaire et interprofessionnel.

** D'ores et déjà, des communes ont annoncé qu'elles ne seraient pas 
volontaires. Voici par exemple l'e-mail que l'adjointe au maire chargée 
de l'enseignement vient d'envoyer aux écoles d'une ville du Nord 
Pas-de-Calais :

> Un dispositif initié récemment par le ministère de l'Education 
> Nationale vise à permettre l'organisation par les communes d'un 
> service minimum d'accueil dans les écoles primaires lors de journées 
> de grèves.
>
> Questionnée par certains d'entre vous, je vous informe que la ville se 
> refuse à mettre en place cette action et à jouer les briseurs de grève.
>
> Ayant souhaité porter cette décision à votre connaissance avant la 
> journée prochaine d'action syndicale prévue le 24 janvier, je vous 
> prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations 
> distinguées.









Plus d'informations sur la liste de diffusion Liste-cnt