[CNT] organisation d'une société autogérée et fédéraliste

Liste publique d'information de la Confédérati Liste publique d'information de la Confédérati
Dim 9 Mar 14:48:52 CET 2008


ORGANISATION D'UNE SOCIETE AUTOGEREE ET FEDERALISTE
Ce texte (accompagné de schémas) est disponible sous la forme d'un tract 
téléchargeable ici :
http://www.cnt-f.org/59-62/organisation_société_autogérée.pdf
(format pdf - 2 pages - 220 ko).

L’organisation de la société actuelle s’illustre par le schéma classique 
de la pyramide… Le sommet, détenteur de l’autorité (conséquence de la 
délégation de pouvoir voulue par le système électoral), impose ses 
décisions à la base par l’intermédiaire d’échelons successifs d’agents 
exécutifs dont le pouvoir diminue au fur et à mesure qu’ils se 
rapprochent de la base. [cf. l’illustration sur le tract au format pdf : 
schéma de la pyramide étatique]

Contrairement à cette organisation hiérarchisée, une société autogérée 
et fédéraliste peut se schématiser sous la forme d’un cercle… La 
périphérie représente l’ensemble des membres et des cellules sociales ; 
le centre représente les organismes d’administration et de coordination. 
Les décisions sont prises à la périphérie et se répercutent au centre où 
elles s’harmonisent et se coordonnent, puis reviennent à la périphérie 
pour se réaliser. Chaque cellule sociale forme un cercle ayant sa 
périphérie et son centre. Tous ces cercles sont unis par des liens 
fédératifs. [cf. les illustrations sur le tract au format pdf : schéma 
des cercles fédératifs + schéma de la double organisation fédérale]

On nous demande parfois comment et par quoi nous remplacerions le 
système actuel si nous en avions la possibilité. Voici quelques éléments 
de réponse…

- Comment ? La CNT ne soutient aucun parti politique et ne place aucun 
espoir dans la voie électorale. Elle défend un processus de 
transformation révolutionnaire fondé sur l’autonomie du mouvement 
social. Celui-ci, aujourd’hui véritable contre-pouvoir potentiel, 
pourrait demain – s’il prenait conscience des ses capacités – se 
substituer aux autorités capitalistes et étatiques (à la faveur d’une 
grève générale inter-professionnelle par exemple).

- Par quoi ? Pas question pour la CNT d’élaborer un projet de société « 
clés en main » ! Profondément autogestionnaires, nous pensons en effet 
que c’est à ceux et celles qui seront directement confrontés à un 
processus révolutionnaire de s’atteler à cette tâche. Elaborer un tel 
programme serait d’ailleurs complètement illusoire compte-tenu du fait 
que le monde évolue sans cesse (dans ces conditions, un programme bien 
ficelé risque de devenir obsolète ou, pire, de se transformer en dogme 
indépassable). Ceci étant dit, sans tomber dans les travers énoncés 
ci-dessus, il n’est pas inutile – dans le contexte actuel – d’avoir une 
idée générale de cet autre futur auquel nous aspirons…

* Une démocratie directe et fédéraliste

Pour la CNT, la commune (ou groupement de communes) – cellule de base de 
la vie sociale – s’administre librement en dehors de toute tutelle 
étatique. Regroupant tous les individus, unités de production et 
associations d’une ou plusieurs localités déterminées, fédérée sur le 
plan départemental, régional et national, la commune prend en charge, 
par la création d’organismes spécialisés, l’économie locale et les 
services publics (consommation, habitat, santé, etc…).

Son fonctionnement, quartier par quartier, repose sur la gestion directe 
: assemblées générales par unités de voisinage, définition précise des 
mandats, envoi de délégués révocables à tout moment au plénum communal, 
réunion de celui-ci en séance publique et retransmission en direct des 
délibérations sur radio ou télévision locales, etc. Un tel 
fonctionnement écarte de cette manière les notables qui, aujourd’hui, 
monopolisent l’administration de la cité.

Quant au gouvernement, il est remplacé par une structure de coordination 
composée de délégués issus de la fédération des communes et de délégués 
issus de la fédération des lieux de travail.

* Des lieux de travail autogérés

L’exploitation agricole, l’usine et le bureau sont gérés par tous ceux 
qui y travaillent. Les délégués, mandatés avec précision en assemblée 
générale et réunis en conseil, sont chargés de coordonner la production. 
Ils sont révocables à tout moment et leur tâche ne s’accompagne d’aucun 
avantage particulier. Il va de soi que ces délégués ne peuvent se fixer 
à un poste de responsabilité plus d’un certain temps. La formation 
continue permet de lutter contre la parcellisation des tâches et fait en 
sorte que certains savoirs professionnels ne se transforment pas en 
instruments de domination politique. La hiérarchie des fonctions et des 
salaires est abolie, laissant ainsi place à une véritable égalité 
économique et sociale. Quant à la durée du temps de travail, elle est 
considérablement réduite, compte tenu de la suppression des tâches 
reconnues socialement inutiles, de la réorganisation des forces 
productives et de l’utilisation nouvelle des technologies de pointe.

Afin d’éviter tout repli sur soi, les conseils d’entreprise sont 
rattachés inter-professionnellement (mais aussi par secteur d’activités 
pour les questions techniques) à une fédération locale, régionale et 
nationale, d’où pour toute décision un mouvement de va et vient entre 
les structures de base et les organismes de coordination. Cette 
fédération qui s’appuie sur le travailleur (unité économique) constitue 
avec la fédération des communes, fondée sur l’individu (unité 
politique), une organisation sociétaire duale liée à différents niveaux 
par une structure commune de coordination.

* Une économie égalitaire et distributive

C’est aux conseils d’économie liés aux communes, ainsi qu’aux 
coopératives de consommateurs et à leurs fédérations, que revient le 
rôle de planifier la production en fonction des données démographiques 
et des besoins exprimés par la population. L’économie est ainsi fondée 
sur la satisfaction des besoins de tous, non sur les profits. 
Contrairement au mécanisme actuel, c’est la consommation qui oriente la 
production.

En ce qui concerne les échanges destinés à obtenir les produits 
nécessaires pour couvrir les nécessités de tous, plusieurs solutions 
sont possibles pour passer d’une économie marchande à une économie 
distributive. Outre la gratuité totale des services de première 
nécessité (transports en commun, médecine, etc.), le compte de chaque 
individu peut être crédité automatiquement, tous les ans par exemple, 
d’une somme répartie égalitairement et calculée en fonction de la 
richesse collective du moment. Pour éviter toute thésaurisation 
excessive, la monnaie utilisée à cet effet peut être une « monnaie 
fondante », c’est à dire une monnaie informatique se dévaluant 
progressivement en fonction du rythme général de l’économie, jusqu’à 
s’annuler au bout d’une certaine période.

Les phénomènes de spéculation peuvent également être supprimés à 
l’échelon industriel par une plus grande transparence des mécanismes 
financiers et par la création éventuelle d’un circuit monétaire 
spécifique réservé à l’achat des biens de production effectué par les 
entreprises. Enfin, une décentralisation économique est mise en place 
ainsi qu’un système inter-régional de péréquation pour éviter les 
déséquilibres entre régions « pauvres » et régions « riches ».

UL des syndicats CNT de Lille
ul-lille at cnt-f.org
http://www.cnt-f.org/59-62





Plus d'informations sur la liste de diffusion Liste-cnt