[CNT] Samedi 5 avril : uni(e)s contre une immigration jetable

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Lun 31 Mar 17:46:34 CEST 2008


Uni(e)s contre une immigration jetable

Manifestation nationale samedi 5 avril à Paris, 14h30, place d’Italie
(des manifestations décentralisées auront également lieu à Lille, 
Marseille, Rennes, Toulouse...).

La France, c’est tous ceux qui y vivent.
La xénophobie d’Etat tue les droits de tous.
Français, immigrés : égalité - solidarité !

Une politique qui nie les droits fondamentaux

L’acharnement de ces dernières années contre les étrangers est 
impressionnant. Pas moins de cinq lois depuis 2002 ont été votées au 
mépris de la légitimité des étrangers installés en France à y bénéficier 
des droits de tous quelque soit leur statut juridique : attaques contre 
l’aide médicale d’Etat, tests ADN, multiplication des restrictions du 
droit d’entrée et de séjour des étrangers notamment par la limitation 
drastique du regroupement familial.

Le gouvernement impose une vision utilitariste de l’immigration. Après 
avoir établi des listes restrictives de métiers discriminant 
travailleurs provenant de l’UE et travailleurs du reste du monde, il a 
l’intention de modifier la Constitution au printemps pour introduire 
dans la loi la notion de quotas. De plus pour faciliter les expulsions, 
il veut créer une juridiction spéciale chargée de juger les étrangers 
sans papiers. Il souhaite faire adopter à l’échelle européenne une 
disposition rendant impossible à l’avenir toute opération de 
régularisation d’envergure.

Cette politique répressive touche non seulement les sans-papiers mais 
aussi les étrangers ayant un titre de séjour et les Français, surtout 
sur ceux d’origine étrangère. Pour chacun(e) des sans papiers piégé(e) 
par des contrôles d’identique iniques au faciès, combien d’étrangers en 
règle ou de Français « issus de l’immigration » se voient humilier 
quotidiennement ? Combien d’étrangers se voient refuser, pendant de 
longues années ou pour toujours, la possibilité de vivre avec leurs 
proches, en raison des critères arbitraires fixés par la loi et de la 
malveillance tatillonne des préfectures ? Combien d’étrangers et de 
Français se voient refuser le droit d’épouser la femme ou l’homme de 
leur choix au prétexte que leur amour ne serait que de complaisance ?

Une politique du chiffre qui tue

Contrôles au faciès, convocations piège en préfectures, rafles, non 
respect des voies et délais de recours, marquage de sans-papiers au 
feutre indélébile dans le Nord, pression sur les préfets, policiers et 
gendarmes pour qu’ils atteignent des objectifs chiffrés, mise en place 
de camps d’enfermement aux frontières de l’Europe…. Chaque jour la 
descente dans l’ignominie s’accélère. Cet acharnement répressif brise et 
tue des êtres humains qui pour échapper aux expulsions prennent des 
risques parfois mortels (défenestrations, fuite par les toits, suicides, 
noyades…)

Les politiques de chasse aux sans-papiers sont non seulement inhumaines 
et injustes, mais également coûteuses. Les coûts induits par cette 
débauche de moyens policiers et la mobilisation d’infrastructures 
(transports ferroviaires, portuaires et aériens) seraient plus utiles 
pour financer des services publics ou l’aide au développement. Au 
contraire, si ces mêmes sans-papiers étaient autorisés à vivre en France 
en tout légalité, n’étaient plus obligés de se cacher et n’étaient plus 
tenus d’accepter des conditions de travail dégradantes, le paiement des 
cotisations sociales de ces travailleurs permettrait de faire rentrer 
des milliards d’euros dans les caisses de la protection sociale.

Une politique qui réprime la solidarité

Le gouvernement s’efforce d’entretenir un climat de suspicion et de peur 
à l’égard des étrangers et de leurs soutiens : criminalisation de la 
solidarité, multiplication des poursuites judiciaires, utilisation des 
services publics, services sociaux et des inspecteurs du travail comme 
auxiliaires de police.

Afin d’aligner par le bas les droits sociaux, il fait le choix de la 
division : le pouvoir oppose Français et étrangers en agitant le mythe 
de l’invasion de la France, il oppose les bons immigrés intégrés aux 
mauvais immigrés, les étrangers en situation régulière aux sans-papiers, 
comme il oppose les salariéEs du privé à ceux et celles du public…

Une politique qui instrumentalise l’immigration au profit d’une 
politique antisociale et liberticide

Les étrangers sont utilisés comme des boucs émissaires afin de détourner 
l’opinion des vrais problèmes : pouvoir d’achat, protection sociale, 
retraites, précarité, services publics, place des femmes, avenir de la 
planète, discriminations….

Cette politique qui fait système est aujourd’hui notamment incarnée par 
le ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale 
et du co-développement. Elle présente les étrangers comme une menace 
pour "l’identité nationale". Cette conception s’inspire d’une 
philosophie nationaliste et d’extrême droite. Elle contribue à justifier 
des politiques sécuritaires qui transforment notre société en Etat 
policier. Elle constitue une injure non seulement envers les étrangers, 
mais également envers les Français attachés aux valeurs de liberté, 
d’égalité, de fraternité et de respect de la personne humaine. Elle 
donne de la France l’image d’un pays qui se replie de plus en plus sur 
lui-même.

Nous refusons cette politique ultra-libérale de casse du code du travail 
et salarial, dont les émigrés sont les premières victimes. Nous refusons 
cette politique européenne dictée par le patronat européen pour une 
"immigration choisie", permettant in fine cette délocalisation sur 
place, à moindre coût, et mise en concurrence des filières d’immigration 
de travail.

La liberté de circulation des êtres humains est une valeur fondatrice de 
la civilisation et de la démocratie.

Ce projet de société n’est pas le nôtre !

La société démocratique et solidaire à laquelle nous aspirons exige :
- La suppression du ministère de "l’identité nationale",
- L’arrêt de la chasse aux sans-papiers, l’arrêt des expulsions et la 
fermeture des centres de rétention,
- L’arrêt des poursuites contre les soutiens des sans-papiers,
- L’abrogation de lois stigmatisant les migrants et bafouant leurs droits,
- L’abandon des projets gouvernementaux sur la justice d’exception et 
les quotas,
- La mise en œuvre d’une autre politique européenne, à l’opposé de 
l’Europe forteresse,
- Le droit au logement, à la santé, à l’éducation et au travail pour 
toutes et tous,
- Des droits pour les femmes migrantes qui favorisent leur autonomie,
- La régularisation des sans papiers,
- L’abolition de la taxe à l’emploi pour l’embauche de travailleurs 
étrangers,
- Une politique d’accueil des étrangers leur permettant de vivre 
dignement en France.



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