[Liste-ftte] [Fwd: [IACAM !] carnaval & flicaille]

CNT CNT
Mer 16 Mar 20:33:47 CET 2011


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Objet:   [IACAM !] carnaval & flicaille
De:      Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l'Assaut des Montagnes !
<iacam at rezo.net>
Date:    Mar 15 mars 2011 14:00
À:       undisclosed-recipients:;
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Le 8 mars dernier, Mardi-Gras a eu droit comme d'habitude à son carnaval
montpelliérain. En l'absence d'organisation officielle, les médias se sont
permis de lui affubler depuis plusieurs années divers adjectifs tels que
« alternatif », « anarchiste » ou « des gueux ».
Sans surprise, la fête a été réprimée aux alentours de 22h30. Les
courses-poursuites et échauffourées se poursuivant jusqu'aux alentours
d'1h30.
Nous disons « sans surprise », car la répression de la vie nocturne à
Montpellier est un vieux phénomène lié à la politique d'embourgeoisement
du centre-ville via notamment l'opération « grand coeur ». « Sans
surprise », car Mardi-Gras sous la forme de batailles de farine et d'oeufs
à la sortie des cours avait déjà connu la répression au début des années
90, avant même que le défilé qui existe encore aujourd'hui n'apparaisse en
1995.
Tellement « sans surprise » qu'on pouvait lire le matin dans le torchon
gratuit 20 minutes:
 
«  Montpellier : Un carnaval sous haute surveillance
Le rendez-vous circule sur les sites des collectifs anarchistes des
grandes villes de France. Ce soir, Montpellier accueillera un carnaval
alternatif : le Karnaval des gueux. Il s'agit d'un contre carnaval qui
réunira anarchistes, antiautoritaires, anticapitalistes, résistants, et
tous les mouvements alternatifs. Le point de départ est le Jardin du
Peyrou à 19h30. Chaque année, près d'un millier de personnes sont au
départ. La crainte des policiers est la fin de la manifestation «lors de
laquelle des heurts éclatent très souvent. « Il reste toujours à la fin un
noyau de 200 personnes décidées à s'affronter avec nous», indiquent des
policiers. Il vaudra mieux donc éviter le centre-ville vers 22 heures. »
Les flics voudraient effrayer et isoler, ils ne s'y prendraient pas
autrement...
Ce qui était annoncé arriva donc, après que le joyeux défilé, parti du
Peyrou se scinde en deux entre certains qui sont restés place de la
comédie et d'autres qui rejoignaient petit à petit la place Ste Anne, via
la rue de la Loge.
On a alors pu lire le lendemain sur la toile divers témoignages.
« À 22h30, les flics investissent la place de la Préfecture, ils frappent,
bousculent, insultent aussi, ils arrêtent, contrôlent et musiciens,
chanteurs, danseurs et fêtards sont rapidement évacués. Sur St Anne, ça
bouge, musique, cris, rires, farandole autour du cadavre en flamme de
Monsieur Carnaval, une banderole «Jamais répression ne tuera Carnaval» est
suspendue à la grille principale de l'église. Sans aucune sommation, sans
même qu'on ait eu le temps de les voir arriver, à 23h les brigades
d'intervention débarquent, la surprise est de taille, nous ne les
attendions vraiment pas si tôt, certains restent cloués sur place, ahuris,
il y a des familles, des enfants, beaucoup de gens qui ne comprennent pas
ce qu'il se passe. Nous sommes repoussés dans une rue adjacente et on est
déjà des dizaines à suffoquer sous le gaz lacrymogène, certains reviennent
blessés à la matraque ou au bouclier. L'ambiance devient vite chaude, très
chaude. Des projectiles fusent de tous côtés, des barricades enflammées
prennent forme. Les flics n'hésitent pas : bonbonnes lacrymos dans les
yeux à vingt centimètres, flashball dans les pattes à un mètre, tonfas
portés au visage… Pendant peut-être une demi-heure, c'est le jeu du chat
et de la souris, les flics avancent, on recule, ils reculent, on avance…
Des gens sortent nous engueuler, il paraît qu'on fait «trop de bruit»… La
BAC entre en jeu, sur le flanc droit, une quinzaine d'agents, sans doute
plus, commencent à prendre position. Nous sommes repoussés jusqu'au
boulevard du Jeu de Paume où les flics stationnent, sécurisant le
centre-ville. Il y a quelques arrestations, un mec a été piétiné lors
d'une charge, un autre a la tempe en sang, beaucoup suffoquent sur les
trottoirs, on s'organise avec les moyens du bord et on divinise ceux qui
ont pensé à amener du sérum physiologique. Nous chantons et dansons en
riant pendant une dizaine de minutes avant de repartir sur la préfecture
où, paraît-il «ça chauffe !» En effet, le secteur est quadrillé, des flics
PARTOUT, la moindre ruelle est fermée. On veut passer, on nous dit de
«dégager», paraît-il qu'on «casse les couilles». On cherche les petits
groupes éparpillés, on essaie d'éviter de laisser des proies trop faciles,
puis, on ne peut pas laisser la soirée se terminer comme ça. Des
affrontements éclatent un peu partout, des feux, des barricades, des sons
de vitres brisées. La BAC charge, matraques téléscopiques en main, on
entend des grenades explosives péter dans toutes les directions. On
atterrit sur St Roch, une autre place où une cinquantaine de personnes a
décidé de finir la fête, assez calmement. Vingt minutes plus tard, les
poulets nous rejoignent à nouveau, à croire qu'on leur manque. Finalement,
vers une heure du matin, la situation est «stable», comme ils disent, les
schtroumpfs rentrent à la maison se palucher en comptant le nombre de
coups de tonfas, vider une autre bouteille et rire sur ces «foutus anars
de merde». »
Ambiance...
Toujours sur le net, les articles de Midi-Libre qui insinuent que la
police n'a fait que répondre sont assaillis de commentaires:

« 62 ans, rentrant chez moi. Je n'ai rien d'un agitateur patenté. Je
confirme les dires de Robert : la provocation, c'était 20 cars de CRS sur
la place du Marché aux fleurs, 150 jeunes devant les halles en train de
chanter et danser, puis l'attaque des forces de l'ordre pour disperser les
soi-disant "émeutiers". »

« Certains ont répondu à la provocation de la police. Il ne ce serait rien
passé de tel s'ils n'avaient pas employé la force au milieu d'un carnaval
plutôt modeste et bien entendu dénué de "mauvaises intentions". Nous
étions simplement là pour nous amuser. Lorsqu'un cortège de CRS armés
jusqu'aux dents se met à vous courser et sans ménagement vous taper dessus
si vous êtes en travers de son chemin, j'estime que vous êtes en droit de
vous défendre... »

« Ambiance particulièrement agréable et festive place Saint-Anne, je me
disais "vraiment sympa de voir autant de jeunes réunis dans la bonne
humeur". A aucun moment je ne me suis senti menacé, aucune trace de
violence ou d'agressivité, jusqu'à ce qu'une jeune commence à crier "les
CRS chargent", je n'avais entendu ni demande de dispersion, ni semonce.
J'ai juste eu le temps de courir quand j'ai vu les boucliers à quelques
mètres. Transformation express de la fête en affrontement, je me suis
retrouvé quelques mètres à peine devant le mur des boucliers, étrangement
protégé des lacrimos par la disposition des rues, j'ai alors vu des jeunes
agenouillés devant les CRS (en signe d'apaisement) se faire gazer le
visage à bout portant. L'image me reste... "magnifique" illustration de la
répression gratuite. Je constate surtout qu'aujourd'hui quand je vois
arriver le forces de l'ordre, je me sens en danger... Compagnie
Républicaine de "Sécurité", j'avoue que rarement je ne me suis senti aussi
peu en sécurité. »
Bien sûr, certains commentaires vont dans l'autre sens:
« Dites-vous bien que Mandroux veut être non pas réelue mais élue tout
court et que depuis le temps que les habitants et les commercants du
centre se plaignent de la saleté, de la délinquance et du bruit causé par
quelques soulards inactifs (entre autre) voilà son cheval de bataille.
Souvenez vous de Candolle, 4 ans de bordel, et le mot est faible, 4 ans de
laisser faire de la part de la mairie et de la prefecture et soudain...les
CRS, et ces pauvres alternatifs-anarchistes de se plaindre que les CRS "eh
ben ils sont pas gentils " Ces gens qui s'amusent gentiment, sainement ils
se lèvent le matin pour aller bosser ? Parce qu'on en est là, d'un côté
ceux qui bossent et veulent du calme et ceux qui sont libres de toute
obligation professionnelle (pour rester poli) et qui veulent faire la
fête. Bien sûr je ne cautionne pas la violence d'où qu'elle vienne ! »
Qui eux-même s'attirent des commentaires:
« Monsieur "Code Incorrect", je trouve votre analyse légèrement
maladroite. Les "obligations professionnelles" n'ont rien à voir ni avec
la violence des forces de l'ordre, ni avec le fait que les jeunes font la
fête. Je comprend que certains soient obligés de se lever tôt pour un
travail qu'ils n'aiment pas, et que par conséquent leur moral en pâtisse.
Mais ce n'est pas une raison pour en vouloir à ceux qui refusent cette
triste vie. Avoir un emploi ne donne pas le droit d'exiger que les places
publiques du centre ville soient aussi calmes que de paisibles
lotissements. C'est contre nature. Candolle, avant les 4 ans de raffles,
c'était un lieu d'échange, de partage. C'est devenu un lieu triste,
éteint, et les caméras sont la pour s'assurer que les gens tristes et
aigris qui rentrent de leur dure journée de travail puissent bien rester
chez eux, pour retourner travailler le lendemain... J'étais mardi soir du
côté des "soulards", du côté des "alternatif" ou des "gueux", peut importe
comment on les nomme, et pourtant je "bosse" comme vous dites, je me lève
le matin, et j'habite en plein centre. Je comprend et soutiens ceux qui
font la fête. Quand aux violences policières, il suffit de les vivre pour
voir d'ou vient la provocation. Qu'on me traite d'émeutier si vous voulez,
ça fait 4 ans que je ramasse des blessés pour leur offrir de l'eau et les
calmer, la prochaine fois je saurai lancer des pavés. »
Reste ce constat:
« Toutes les manifestations festives (Carnaval, fêtes des fanfares, fête
de la musique, Saint-Patrick, interventions à Candolle) "dégénèrent"
depuis plusieurs années. Les interventions plus que musclées et inutiles
des CRS sont habituelles. Des filles frappées, en pleurs parce que leur
petit copain se fait tabasser, des peines de prison avec sursis totalement
arbitraires pour des pseudos lancers de canettes, des gazages et coups
gratuits, tout cela fait partie de la normalité depuis bien des années à
Montpellier. »

Le bilan annoncé faisait état de 9 policiers légèrement blessés et de 8
interpellations, avec une libération sans poursuite le lendemain. Ils
étaient donc 7 à passer en comparution immédiate après 48h de garde à vue,
dans un tribunal où tous les bancs étaient occupés par une cinquantaine de
personnes venues en soutien.

Bilan: relaxe pour les deux accusés d'incendie de poubelle (le PV du flic
ne donne même pas leur description), relaxe pour un troisième sur
l'accusation de rébellion (les flics affirment qu'il a trébuché, glissé
puis s'est cogné tout seul), par contre il admet avoir lancé une canette
et est condamné à un mois de sursis plus 1000 euros à verser en
dédommagement aux flics. Un quatrième admet lui aussi le jet de canette:
un mois de sursis. Le cinquième admet aussi, mais il a une mention de
possession de cannabis: 30 jours-amende de 10 euros, soit 300 euros moins
20% s'il paye dans le mois. Les deux derniers ont nié avoir lancé une
canette mais
ont été comme les autres condamnés à un mois de sursis (ça ne rapporte pas
de reconnaître et de faire amende honorable).
A noter aussi que tous sauf un se sont fait sérieusement tabasser (bleus,
crâne ouvert, longue plaie dans le dos après avoir été traîné sur 100
mètres au milieu des débris de verre...).

Commentaire trouvé sur le net:
« Bref, c'était une véritable parodie de justice, je passe les réflexions
complétement déplacées de la juge, mais c'était VRAIMENT une journée de
merde. »
Pour conclure, sachez qu'un comité de soutien s'est créé, qui compte faire
de la propagande, prendre en charge les amendes (un concert aura bientôt
lieu) et peut-être durer dans le temps comme caisse anti-répression sur
Montpellier. Contact: dgueux.vilaine at laposte.net






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