[Liste-ftte] Tr: Athènes et Valence

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Mer 22 Fév 16:39:37 CET 2012





  							 		  		 	   			 			Après les grandes manifs en Espagne, deux articles (Athènes et Valence) à mettre en parallèles



[Chroniques grecques] N° 10 : Temps suspendu  			 				Posted on 22 février 2012 by juralib			
  				 				Accalmie résignée, prélude  insurrectionnel, évidence du chaos très proche, l’autre évidence de la  résignation populaire, spectre de guerre civile… On entend de tout en ce  moment par rapport à la question grecque, où des évidences totalement  contradictoires se confrontent au jour le jour. La seule certitude, la  seule pourrait-on dire, est qu’il n’y en a aucune. Le temps est comme  suspendu en Grèce, où tout peut changer d’un jour à l’autre, voire d’une  heure à l’heure, où tout peut basculer de manière imprévisible. Et  c’est finalement ce qui dérange, pour l’État, pour la police, pour la  bourgeoisie internationale et la Troïka, pour les syndicats, pour les  staliniens, pour les médias…
 Temps suspendu où, comme à chaque période  historique « instable » du genre, la question commune reste celle de la  réaction populaire et, essentiellement, le positionnement de ladite  middle class. Middle class qui ne cherche que la garantie de son  maintien, et ne la trouve pas. Middle class prit et épris de peur :  celle de la violence sociale dans la rue, celle de se prolétariser sans  marche arrière, celle de la violence répressive et policière, celle  surtout et enfin de l’évidence de devoir prendre position, bon gré mal gré.  Middle class terrorisée de devoir choisir son camp, cherche encore et  plus que jamais à l’heure actuelle à se réfugier dans le non-choix, dans  la neutralité et la passivité, mais est surtout aujourd’hui terrifiée  de n’avoir plus de repère, de ne plus savoir où se situe l’évidence.  Parce qu’il n’y en a plus. Parce que tout est à faire, ou à fuir.
 Tiraillée entre les événements parmi les  plus moindres qui, de suite, prennent logiquement des proportions  politiques démesurées et imprévisibles, car tout bonnement la situation  est « démesurée » et « imprévisible », la middle class tente de se  retrancher. Pour combien de temps ? Qui tranchera et brisera cette bulle  de temps suspendu ? Comment fuir ? Comment agir ? Comment briser de  manière la moins honteuse le miroir reflétant sa propre responsabilité  collective ? La middle class ne connaît pas la honte. Elle est la donnée  inconnue et ennemie, insupportable, tant pour l’État que pour les  camarades. Elle est et veut demeurer masse, foule, et inverse complet de  tout ce qui peut être ou surgir comme « peuple ». La middle class est  l’annihilation même du peuple. Tant qu’elle existe, politiquement et  spectaculairement, toute révolte sera écrasée, et le fascisme se  consolidera. Pourtant, socialement, ladite middle class a déjà disparue.
 Pour l’heure, en simultané, ça combat et  ça réprime. Une résistance ouvrière commence à s’échafauder, prometteuse  bien que trop faible encore. L’évidence pour les combattants de part et  d’autre (tant pour les camarades que pour les grévistes occupants)  d’être et demeurer une minorité active, combative, et l’évidence de  devoir l’assumer, voire le revendiquer. Merde à la société, leur bateau  coule et nous ne coulerons pas avec !
 Pour l’heure, en simultané. Pour l’heure, de part et d’autre, la stratégie de la tension.
 Tandis que cette middle class maudite,  frileuse et refusant tant que possible à prendre l’initiative par  elle-même et à choisir son camp, dans la rue, vis-à-vis des syndicats,  de l’Etat et de la police, les camarades ramassent. Sans surprise.
 Les assauts policiers sur Exarchia sont  toujours plus réguliers : on dénombre 70 interpellations le soir du  mercredi 15 février, et pas moins de 135 le soir du dimanche 19 février.  Les camarades et combattants qui se savent et s’assument en guerre sont  toujours seuls. Et, de nouveau, ils le savent et l’assument.
 Les occupations tiennent toujours bon pour la plupart, et un grand quotidien grec (aussi influent que le Libé en France) tente une réappropriation autogestionnaire, et l’idée se tente dans divers secteurs du travail.
 Dans leur camp, la Troïka applaudit la  mise à mort du peuple grec, précisant cependant n’accorder les 237  milliards d’euros qu’avec la garantie à contre-partie de la mise sous  tutelle allemande « officielle » du pays et la ratification préalable de  179 « petites » lois autoritaires et d’austérité, très précises. L’État  cherche bien sûr à empêcher une validation « globale », brutale et en  une fois, et de fait va les adopter graduellement. Ce qui occasionne une  situation intéressante. En effet, un cycle de manifestations populaires  risque de reprendre, avec d’ailleurs un premier appel à prendre  massivement Syntagma dès demain 16h.
 Un des appels à prendre Syntagma le mercredi 22 février.

 Pour les combattants, les questions sont  multiples : celle de la stratégie de la répression ; celle de la  stratégie syndicale ; celle de réactivité et force populaire. Avec bien  sûr l’élément essentiel : du monde il y aura, c’est sûr ; affrontements  il y aura c’est sûr ; mais qui sera sur la zone de front ? Et surtout  cela va-t-il enfin entraîner une durée, un quotidien de manifestations  tellement nécessaire ? D’autant que la massive mobilisation populaire en  Espagne le week-end dernier a fortement marqué les esprits.
 Les événements du dimanche 19 février,  une semaine après la fameuse nuit insurrectionnelle du 12, sont assez  significatifs : les syndicats minoritaires et gauchistes ont lancé au  moins cinq appels (respectivement à 10h30, 16h, 16h30, 17h et 18h), donc  séparés mais tous à Syntagma. Finalement, plusieurs milliers de  personnes se rassembleront mollement, les anars choisissant de ne pas  donner l’occasion d’une répression ciblée et préférant s’abstenir. Face à  nous, l’État bloque les principaux accès vers le centre-ville, déploie  de nombreux barrages policiers avec fouilles et contrôles systématiques  pour les moindres « suspects ». Or, des affrontements éclateront malgré  tout, en fin de soirée, et par les plus jeunes, lycéens et étudiants  pour la plupart. Sans « présence anarchiste » affirmée, des jeunes  lycéens ont défié les flics à coups de cocktails et de pavés, renvoyant  les grenades lacrymogènes et tentant d’ériger des semblants de  barricades de bennes enflammées. Ceci est important, et la donnée de la  jeunesse fait peur. Surtout aux flics qui ont des ordres stricts et  sévères de retenue pour éviter mort d’homme et d’éviter de ressusciter  la rage et la détermination de décembre 2008, si fraiches encore.  D’autant qu’un tout début de mouvement lycéen tente de démarrer, avec  des petites manifs de quartiers et des blocages de lycée (très  minoritaires, encore une fois, pour l’heure, mais notable).
 Photos des affrontements du dimanche 19 février.

 Le 19 février, les syndicats minoritaires  ont donc fait des appels épars à prendre Syntagma, et s’ils ne seront  que quelques milliers à suivre timidement avec finalement des  affrontements « classiques » (c’est-à-dire les rituels jets de pierre et  de cocktails contre les gaz chimiques) à petite échelle, la police a  malgré tout opté pour un nouvel assaut général sur Exarchia : nous  dénombrons pour le moment au moins 135 interpellations préventives.
 Il faut dire qu’il est logique pour  l’État de déployer sa terreur et de la cibler principalement sur les  anarchistes révolutionnaires, comme riposte logique aux événements du  12. En effet, le 12 février, il est désormais avéré que la police  grecque (qui a déployé 6000 hommes dans toute la capitale) a  complètement perdu le contrôle de la situation, et que le basculement  était à portée de mains. Les images de flics avec armes au poing tirant  en l’air tournent de plus en plus sur le net. Il est également avéré que  rien que sur le front Omonia-Syntagma, plus de 500 cocktails ont été  balancé sur les lignes ennemies, sans compter les bombes. Pour autant, «  seules » 4 condamnations fermes ont été prononcées jusqu’à maintenant  depuis le 12, ce qui, au vu des événements, est miraculeux. Ce à quoi  l’État répond. Sans pitié.
 Quelques liens pertinents, à nouveau :
 > Sur le mouvement des occupations et du front ouvrier en Grèce
 > Encore un très beau texte-témoignage et positionnement sur les événements du 12 février, « Je te cherchais dans la nuit, et je brûlais »
 > Texte « nous n’aurons bientôt plus aucune raison de ne pas être violents »
 > La « sisa », drogue de la crise qui ravage des vies par milliers
 Merde à la Junte économique.
 Crève l’État et le Capital.
 Que la peur change de camp.
 21 février 2012.
 							
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  		 	   			 			Valence, Espagne : Des assassins en uniforme battent et détiennent des jeunes  			 				Posted on 22 février 2012 by juralib			
  				 				
 Le mercredi 15 février, une importante  force policière a attaqué une manifestation d’étudiants aux abords de  l’Institut Lluís Vives dans la ville de Valence. Les flics ont  brutalement battu les étudiants qui s’étaient rassemblés pour exprimer  leur opposition aux coupes budgétaires dans l’éducation, l’attaque s’est  soldée par l’arrestation d’une personne.
 
 Le lendemain, lors d’une nouvelle  protestation massive contre la charge brutale du jour précédent, les  flics ont de nouveaux attaqué les manifestants qui coupaient la  circulation dans la rue centrale de Xativa. Ils ont arrêté au moins six  personnes. Peu de temps après, environ 300 jeunes solidaires se  réunissaient devant le siège de la police pour exiger la libération des  personnes détenues. Et les forces de répression n’ont pas hésité à  charger une nouvelle fois, et au moins trois personnes furent détenues.
 
 Les personnes arrêtées ont été relâchées  après de nombreuses heures, et quelques-unes d’entre elles sont accusés  d’infractions mineures. Mais les porcs ne semblent pas satisfaits de la  répression la semaine dernière, de sorte que les charges de la police se  sont poursuivies hier, le 20 février, lors d’une nouvelle manifestation  étudiante.
 
 Brigades anti-émeutes chargeant la jeunesse, le 20 février, dans le centre de Valence

 La police chargeant des manifestants dans la rue Jésus, le 20 février

 L’assemblée de la Faculté d’Histoire occupée :
 Grâce à des camarades de l’État espagnol,  nous avons des mises à jour sur ce qui se passe dans les rues de  Valence, les 20-21 février. Comme on peut le voir dans les vidéos, les  policiers ont chargé les manifestants à partir de 15.00. Autour de 21.30  il est rapporté que plusieurs conteneurs dans l’avenue Blasco Ibanez et  dans d’autres rues du centre ville ont été mis en feu, tandis que des  centaines d’étudiants et quelques professeurs ont occupé la Faculté  d’histoire dans le campus universitaire de la ville. Les occupants  mènent une assemblée ouverte, tandis que la faculté était entouré de  fourgons de police. Des manifestations de solidarité ont été menées à  Madrid (Plaza del Sol) et à Barcelone (Via Layetana) et une cacerolada  [ndt : manifestation bruyante] a marché dans les rues de Valence. Selon  les témoignages, il y a au moins 21 arrestations à ce jour, et de  nombreux tirs de balles en caoutchouc par les flics. Les [identités des]  personnes arrêtées ne sont pas communiquées, et il y a aussi de  nombreuses personnes blessées.
 Restez attentifs aux appels des prochaines heures.
 En avant la révolte ! Encourageons les jeunes manifestants et  compagnons, qui peuvent avoir des informations de la rue véridiques et  vérifiées, à contribuer a leurs diffusions.
 Aux premières heures du 21 février : On  parle de plus de 50 personnes arrêtées, mais il est impossible de  certifier cette information, car s’approcher de tout poste de police  serait un acte suicidaire en ce moment. Comme d’habitude, les personnes  détenues ne sont pas identifiées. La ville de Valence semble être en  état de siège : les trottoirs sont entourés de cordons et les vols  d’hélicoptères ne cessent pas. L’institut Lluís Vives est toujours  entouré par la police, empêchant ainsi les mères, les pères et les  professeurs d’entrer en protestation de ces jours de répression  policière brutale. Dans les rues de la ville s’entendent des cris de  colère tels ceux-ci : “Les gris vont maintenant en bleu !” [ndt : les  gris représentent la police du régime de Franco qui pratiquait la  répression, la torture] ou “La police torture est assassine !”
 Le problème est que les personnes détenues au commissariat sont mineures, ce qui rend plus grave la non communication.
 [Valence] Mardi 21 février, dans les facultés de Blasco Ibanez. À 15h30 devant l’Institut Luis Vives.
 [Cáceres] Mardi 21 février à 20 heures,  rassemblement devant la Préfecture (Subdelegacion del Gobierno), avenue  Virgen de la Montaña, en solidarité avec les représailles de l’institut  Lluis Vives de Valence.
 [Badajoz] Le mercredi 22 février à 20  heures, rassemblement devant la préfecture (Subdelegacion del Gobierno)  de Badajoz (Av. de Huelva) en solidarité avec la répression de  l’institut Lluis Vives de Valence.
 [Barcelone] Mardi 21 février à 20 heures, rassemblement Pl. Cataluyna.
 [Madrid] Mardi 21 février à 19 heures 30, rassemblement Plaza del Sol.
 [Grenade] Mardi 21 février à 18 heures, rassemblement à la préfecture (subdelegacion del gobierno).
 [Leon] Mardi 21 février à 13 heures 30 devant le conseil municipal (Ayuntamiento).
 [Alicante] Mardi 21 février à 19 heures, rassemblement Plaza de la Montañeta.
 Suit un extrait de la déclaration  d’un groupe de camarades, racontant leur vécu dans les rues de Valence  le vendredi 17 février :
 […] Le vendredi, nous nous sommes de  nouveau rencontrés, nous en profitions pour créer notre propre espace  dans la rue, en nous battant contre les béliers de la police. Ils nous  diront que n’étions pas tous étudiants du Lluís Vives, et en effet,  certains sont des étudiants d’autres écoles, et d’autre sont exploité  par un travail à temps partiel ; mais tous et chacun d’entre nous, nous  avons été surpris par la leçon de dignité de ceux et celles de  l’institut, qui s’auto-organisaient et luttaient avec leurs propres  moyens.
 Et c’est que la lutte ne doit pas  seulement être pour le chauffage dans les salles de classe, ou pour la  réparation d’une fissure. La lutte doit être pour notre dignité, pour  reprendre nos vies et construire notre avenir. […]
 Assemblée dans la Faculté d'histoire occupée

 Aucune poursuite pour les étudiants arrêtés !
 Aux violences de la police, se répond notre violence !
 Aucune agression sans réponse !
 Contra Info, 21 février 2012.
 							
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