[Liste-ftte] Tous à Toulouse ce samedi pour en finir avec le barrage et les crimes policiers.

Liste publique de la fédération CNT des travailleurs de la terre et de l'environnement liste-ftte at cnt-f.org
Ven 31 Oct 21:53:04 CET 2014


Pour info, sachant qu'il y'a aussi un rassemblement dimanche à 14h sur le site de Sivens (marche en hommage à Rémi)
Seb et Cécilia

 
Le Jeudi 30 octobre 2014 9h39, "douze at riseup.net" <douze at riseup.net> a écrit :
  


Bonjour,

Voici un tract / appel à manifester revenant sur les événements du 
week-end à Sivens et appelant à la manifestation de Toulouse ce samedi.


Ces deux derniers mois, au Testet, nous avons vu le visage odieux de « 
l'aménagement du territoire », nous avons vu les débardeuses travailler 
inexorablement derrière des rangs des gardes mobiles repoussant les 
opposants, derrière des nuages de gaz lacrymogènes, au milieu du bruit 
des grenades, nous avons vu aussi après leur passage la désolation et la 
stérilité. Ça ne ressemblait pas aux plaquettes de papier glacé imageant 
le futur, qu'ils tendent avec impudence pour nous convaincre de leur 
Progrès. Ils créent du vide, et ce vide, ils le défendent avec la 
violence séculaire dont ils sont capables, jusqu'à tuer. C'est ce néant 
et la possibilité de sa croissance qu'ils défendaient encore ce samedi 
25 octobre, possibilité qui repose sur la peur qu'ils inspirent, sur la 
pression mentale et physique qu'ils exercent sur nous. Ils étaient là ce 
samedi, malgré les promesses du préfet, non pas pour prévenir de 
nouvelles dégradations sur les quelques mètres de grillage qui les 
entouraient, mais pour faire perdurer cette mise sous pression des 
opposants qui depuis le début des travaux de déboisement n'a jamais 
cessé. Chaque jour les charges policières, les multiples exactions ont 
tenté de faire passer aux défenseurs de la forêt de Sivens l'idée folle 
qu'ils puissent avoir quoi que ce soit à dire sur l'avenir de ce 
territoire. Et aujourd'hui encore, sans aucun souci de décence, ils 
affirment que les travaux sont trop avancés pour revenir en arrière. 
Experts ou flics, ils exercent cette politique du fait accompli sans 
vergogne.

Pourtant, vendredi soir, les opposants ont démontré que ce qui est bâti 
peut être détruit. En effet, dans la nuit, la « base de vie » des 
gendarmes a été incendiée. Son aspect donnait d'ailleurs une idée de ce 
que « vie » signifie pour eux : une plate-forme de terre « dévégétalisée 
» entourée de douves de trois mètres de profondeur, remplies d'eau, 
doublées de rangées de grillages. A l'intérieur, un algeco et un groupe 
électrogène alimentant un énorme spot tourné vers l'extérieur. Le 
lendemain, ils faisaient tout de même bloc autour de ses cendres, 
voulant démontrer qu'aucune victoire n'est possible pour nous. C'est 
cette assertion qui tentait d'être retournée durant la manifestation, en 
affirmant à plusieurs milliers qu'on ne pliera pas, et que c'est eux qui 
partiront. Rapidement nous nous sommes massés le long des boucliers et 
des grillages. La co-présence de deux visions du monde si antagonistes 
ne peut durer longtemps sans exploser. Certains s'avancèrent un peu plus 
pour passer de la parole au geste et les affrontements commencèrent pour 
ne s'arrêter qu'au petit matin. Face à nous, des lacrymogènes par 
centaines, lancés à hauteur de visage, des grenades assourdissantes 
éclatant au milieu de la foule, des tirs de flash-balls en pagaille... 
Dans ce contexte, Cazeneuve a raison, le meurtre de Rémi n'est pas une 
bavure. C'est bien une possibilité toujours présente de l'action des 
forces de l'ordre et de leurs armes soi-disant non létales. Leur ultime 
menace. D'ailleurs, plusieurs heures après le drame, alors qu'ils 
savaient tous qu'ils avaient tué un jeune homme, les gardes mobiles 
continuèrent leur distribution généreuse de grenades. La stupéfiante 
normalité de ce crime ne fut brisée que lorsqu'ils prirent conscience de 
la légitime colère qui risquait de s'abattre sur eux. Alors seulement, 
ils levèrent le camp.

On a entendu, ce dimanche, des voix nauséabondes tenter de scinder le 
mouvement, de séparer le bon grain de l'ivraie, comme d'habitude, comme 
toujours. Rémi était dans les affrontements, nous y étions tous. Ils 
veulent que nous nous cloîtrions dans le pré carré d'identités faciles à 
cerner : le non-violent et celui qui s'affronte avec la police, le 
pacifiste et le casseur, etc. Alors il faudra le répéter : il n'y a ni 
bon, ni mauvais manifestant. Il n'y a que des opposants à ce stupide 
projet. Lorsque la police use d'une telle violence, lorsqu'on voit tant 
de mutilés, on comprend aisément l'utilité de boucliers ou de masques à 
gaz, lorsque le fichage politique est exponentiel, lorsqu'après la 
manifestation du 22 février à Nantes, l'accusation se base sur des 
vidéos, on comprend que certains se masquent le visage. Parler de « 
black bloc », désigner des « encagoulés », c'est ce que l'État fait pour 
masquer un fait majeur : les opposants ont tiré des enseignements des 
luttes de ces dernières années, notamment en ce qui concerne les 
pratiques policières et judiciaires. C'est toute une génération 
politique qui a appris comment s'équiper face à la police si l'on ne 
veut pas céder à l'argument du flashball et de la matraque. Et l'on sait 
comment à la Notre-Dame-des-Landes cette forme de résistance fut 
décisive.

Au Val Susa dans les alpes italiennes, toute une vallée se bat contre un 
projet de ligne TGV, dans la multiplicité des pratiques. Ainsi, lorsque 
l'État italien a tenté de les diviser en pointant du doigt un prétendu « 
black bloc » qui serait venu s'infiltrer parmi les  « opposants 
non-violents », le mouvement a répondu d'une seule voix : « nous sommes 
tous des black blocs ». Si s'opposer physiquement, si refuser de plier, 
si faire éclater sa colère, c'est être un casseur, alors nous sommes 
tous des casseurs.

Ce qui nous réunit, c'est une commune émotion, un NON ferme et sans 
appel à leur projet. Et depuis la mort de Rémi, c'est la tristesse et la 
rage qui nous tiennent ensemble. C'est cette certitude aussi : nous ne 
laisserons jamais ce barrage se faire. L'émotion commune, la colère 
populaire, voici ce qui les effraie, ce qui les a toujours effrayés, 
rois, flics ou aménageurs. Ils nous voudraient calmes, patients, 
attendant que « justice se fasse ». Mais leurs appels résonnent dans le 
vide. Car l'un d'entre nous est mort. Valls nous a prévenus, il « 
n’acceptera pas la mise en cause des policiers. » Leur justice 
cautionnera leur police comme elle l'a toujours fait. Et nous, nous 
faisons ce que le peuple sait faire : prendre la rue, hurler au visage 
des assassins, lézarder le décor impassible pour qu'il en porte la 
marque, pour en finir avec l'impunité policière. Il en va de notre vie à 
tous. Il en va du souvenir de Rémi.

Ce Samedi, toutes et tous à Toulouse !
GRANDE MANIFESTATION Place du Capitole - 16h
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