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Mar 20 Juin 23:35:18 CEST 2017


FRONT SOCIAL, LOI MARTIALE?

CNT 44, mardi 20 juin 2017 :
http://ulnantes.cnt-f.org/spip.php?article150

Le règne de Macron commence sous le signe de la trique.
Ce lundi 19 juin à Nantes, la police a utilisé la manière forte contre le
rassemblement du Front social on ne peut plus pacifique. L’objectif était
un premier rendez vous dans l’espace public pour protester contre la casse
sociale, la « loi travail puissance 10 » annoncée par le candidat Macron
et embrayée aussitôt par son nouveau gouvernement. Après les prises de
parole, les cordons de police en tenue anti émeute ont resserré leur étau
pour finalement foncer contre le groupe compact de syndicalistes,
matraquant à tout va, le tout pour enrayer une action symbolique
consistant à murer l’entrée d’une banque.

Braqué•es à moins de cinq mètres par les canons des LBD40, matraqué•es,
les manifestant•es en short et en tongs représentaient donc une menace
insupportable pour l’ordre social. La police a frappé à la tête un
militant syndical. Le crane en sang, il a été conduit à l’hôpital. Un papa
et sa petite fille de deux ans et demie dans ses bras ont été braqué•es au
LBD 40 puis bousculé•es. Le papa a perdu deux dents de devant en tombant à
la renverse. L’équipe medic fait état d’une dizaine de blessé•es, à coups
de matraque essentiellement. Un policier de la CDI s’est acharné sur la
roue arrière d’un vélo, défoncée à coups de pied, le propriétaire du vélo
ne bougeant pas assez vite à son goût. Après avoir retenu deux fourgons de
la CGT, la police a quitté les lieux laissant les manifestant•es
inoffensifs•ves assis•es sur la place du Bouffay.
On peut mesurer la continuité répressive, dans une ville où les plaintes
contre la police émanant de blessé•es lors de la mobilisation contre la
loi travail viennent d’être classées par le parquet, au motif que ces «
violences par autorité publique » seraient des faits qui « ne sont pas
punies par la loi ». L’impunité policière se voit renforcée par l’entrée
dans la loi de l’état d’urgence, qui sous prétexte d’anti terrorisme, sert
à réprimer un peu plus les quartiers populaires et les mouvements sociaux.
Nous ne laisserons pas banaliser cette escalade de la répression. La
liberté de manifester est un droit constitutionnel. Elle le restera. Nous
ne nous laisserons pas terroriser.

Contre la destruction programmée du droit du travail et de nos acquis
sociaux, contre un état d’urgence permanent et l’avènement du tout
répressif, il est urgent de construire une mobilisation massive.
Notre seul moyen de gagner sera la grève générale !
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